«Contre l'immigration de masse»: L'UDC lance sa campagne pour l'initiative

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«Contre l'immigration de masse»L'UDC lance sa campagne pour l'initiative

A onze semaines de la votation, l'UDC a lancé samedi la campagne pour son initiative populaire «contre l'immigration de masse».

L'initiative populaire vise à réintroduire des plafonds annuels à l'immigration ainsi que des contingents pour les autorisations de séjour en Suisse.

L'initiative populaire vise à réintroduire des plafonds annuels à l'immigration ainsi que des contingents pour les autorisations de séjour en Suisse.

Lors d'une assemblée extraordinaire à Reiden (LU), les orateurs ont tiré à boulets rouges sur l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne (UE).

Sans surprise, les délégués soutiennent à l'unanimité le texte soumis aux citoyens le 9 février, dont ils avaient approuvé sans opposition le lancement il y a une année et demi. Ils ont adopté leur consigne de vote par 352 voix, sans opposition.

L'initiative populaire vise à réintroduire des plafonds annuels à l'immigration ainsi que des contingents pour les autorisations de séjour en Suisse. Ces limites s'appliqueraient aussi aux frontaliers et aux requérants d'asile.

Plusieurs partis, comme le PS, les Verts, le PDC et le PBD, ont déjà adopté leur mot d'ordre contre le texte, que rejette également Economiesuisse. Les opposants à l'initiative ont d'ailleurs eu l'occasion de s'exprimer devant les délégués.

Partisans sifflés

La conseillère nationale Ruth Humbel (PDC/AG) a assuré que la libre circulation répond à un besoin des employeurs. Des contingents engendreraient une importante surcharge de travail.

Ils ne résoudraient pas les problèmes comme la pression sur les salaires, qui doivent être résolus par des mesures de politique intérieure, a renchéri son collègue socialiste Eric Nussbaumer (BL).

Ceux qui courent le risque de renégocier l'accord sur la libre circulation menacent de nombreux autres accords avec l'UE, a mis en garde le président de l'Union patronale suisse, Valentin Vogt. Les délégués n'ont pas apprécié leurs arguments. Ils les ont hués et sifflés à plusieurs reprises.

Approche modérée

Les élites politiques et économiques «perdent toujours plus le sens des réalités», a estimé Toni Brunner, président de l'UDC. L'initiative vise à retrouver une gestion et un contrôle indépendants de l'immigration: c'est une approche modérée.

Chaque société qui a tenté de croître de manière démesurée et illimitée a échoué, a prévenu le conseiller national Adrian Amstutz (BE), chef du groupe UDC aux Chambres fédérales.

Pour le parti, il est incontestable que la forte immigration des dernières années a engendré de nombreux problèmes. Il ne s'agit toutefois pas de la supprimer, mais la Suisse doit pouvoir dire qui peut venir et combien de personnes elle veut accueillir, selon le conseiller national Luzi Stamm (AG). Une immigration ciblée apporte la richesse alors que si elle n'est pas contrôlée, elle engendre la pauvreté.

Collégialité

Le président de la Confédération Ueli Maurer a aussi pris la parole devant la base du parti. Alors que certains s'étaient demandé s'il allait respecter la collégialité, le ministre UDC a déclaré qu'il allait satisfaire ceux qui s'attendaient à un coup d'éclat et a fait sauter une bombe de table.

Le Zurichois a toutefois souligné par son attitude qu'il ne partageait pas l'avis du Conseil fédéral. Il a déclaré qu'il ne faisait que son devoir en transmettant aux délégués l'avis du gouvernement, qui juge les avantages de l'immigration plus importants que ses inconvénients. Son discours factuel sur la libre circulation, prononcé sans émotion, a été très applaudi.

Le comité central de l'UDC a adopté vendredi à Altishofen (LU) les mots d'ordre pour les deux autres objets des votations du 9 février. Par 53 voix contre 2, il recommande au peuple de refuser le règlement du financement et de l'aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF). Le parti soutient en revanche par 50 voix contre 12 l'initiative visant à supprimer l'avortement du catalogue des prestations remboursées par l'assurance maladie de base. (ats)

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