Actualisé 17.03.2016 à 19:22

PolitiqueL'UDC, un parti d'extrême droite en Europe?

Alors que l'AfD a fait une percée lors des élections régionales en Allemagne, un professeur belge examine les partis à la droite de la droite en Europe, y compris l'UDC suisse.

von
cht/nxp
Un professeur belge dresse l'état des lieux de ce qu'est l'extrême droite.

Un professeur belge dresse l'état des lieux de ce qu'est l'extrême droite.

photo: Keystone

La crise migratoire qui secoue l'Europe depuis plusieurs mois nourrit la rhétorique des formations d'extrême-droite à travers le continent et dope leur audience, à l'image du parti néo-nazi «Notre Slovaquie» ou du jeune parti AfD, qui a fait une percée dimanche lors de régionales en Allemagne. Du coup, «Le Temps» est allé interroger Jérôme Jamin, professeur de sciences politiques à l'Université de Liège, en Belgique.

Selon lui, il faut trois critères pour définir ce qui relève de l'extrême-droite aujourd'hui. En premier lieu, «la croyance fondamentale dans l'inégalité entre les peuples, les cultures, les races et les civilisations et le sentiment que ces inégalités sont une bonne chose parce qu'elles sont naturelles», explique-t-il.

Ensuite, il faut selon lui, que le nationalisme soit brandi «comme un outil pour protéger un peuple supérieur contre des ennemis intérieurs ou extérieurs», note le professeur dans «Le Temps». Enfin, il faut que le parti tolère des méthodes radicales pour arriver à ses fins jugées aussi incontestables qu'indispensables.

Quid de l'UDC alors?

Du coup, l'UDC en Suisse est-elle considérée comme un parti d'extrême-droite? Jérôme Jamin nuance, car la situation est complexe, tout comme dans le cas du Front national en France. «Des partis peuvent avoir une rhétorique très agressive contre l'immigration et l'islam sans avoir historiquement de liens avec le fascisme des années 1930.» En revanche, Aube dorée en Grèce, la Ligue du Nord en Italie ou la British National Parti en Grande-Bretagne répondent parfaitement à ces critères.

Jérôme Jamin constate en outre que les partis d'extrême-droite ont désormais un argumentaire en faveur de la démocratie contre l'islam. «Une stratégie qui leur permet de se présenter comme les défenseurs de l'égalité hommes-femmes, des homosexuels, de la laïcité et même des juifs menacés par les musulmans intégristes», explique-t-il. Une manoeuvre purement tactique «car ils ne proposent rien de concret pour les droits des homosexuels et la défense des femmes», critique-t-il.

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