L'UDC veut sabrer dans la politique culturelle de la Confédération
Actualisé

L'UDC veut sabrer dans la politique culturelle de la Confédération

Berne - L'UDC se soucie désormais de politique culturelle. La Confédération doit en priorité soutenir la culture en encourageant le mécénat par le biais d'allégements fiscaux. Lors d'une conférence de presse jeudi à Berne, les représentants du parti ont également appelé à la dissolution de Pro Helvetia.

L'Union démocratique du centre n'a pas tardé à illustrer la stratégie électorale adoptée le week-end dernier par les délégués, construite en opposition au camp rose-vert. Christoph Mörgeli a expliqué que l'UDC défendait une conception fondamentalement différente de la culture de celle de la gauche. La politique de cette dernière, particulièrement en matière de culture, est de donner de l'argent en guise de solution à n'importe quel problème, selon le conseiller national zurichois.

Christoph Mörgeli a admis que la culture n'était pas jusqu'ici l'un des sujets de prédilection de l'UDC. Premier parti de Suisse, ce dernier doit toutefois faire sienne cette problématique qui absorbe des ressources fiscales importantes. Au cours des dernières années, la Confédération s'est arrogée de plus en plus de compétences en matière de politique culturelle. Elle doit pourtant veiller au respect du principe de subsidiarité et laisser la priorité aux cantons. Ceci doit être clairement défini dans la nouvelle loi sur l'encouragement de la culture et à la révision de la loi concernant la fondation Pro Helvetia en cours d'élaboration.

Il s'agit d'éviter toute étatisation de la culture et de ne pas transformer les artistes en fonctionnaires, a souligné Oskar Freysinger. Le conseiller national valaisan estime qu'il convient avant tout de soutenir le mécénat privé. L'UDC propose ainsi d'accorder des allégements fiscaux massifs aux acteurs privés, voire une exemption fiscale. Le Valaisan propose par ailleurs de transformer les musées à la charge de la Confédération en fondations et d'éviter les doubles emplois au niveau des bibliothèques et centres de documentation.

«Copinage» dénoncé

Pour «dégraisser» les structures et éviter les doublons, la fondation Pro Helvetia doit être intégrée dans une organisation de promotion de la Suisse, selon Christoph Mörgeli. Les moyens mis à disposition doivent être réduits et mieux ciblés. La politique culturelle doit être concentrée à l'Office fédéral de la culture (OFC) et le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) doit renoncer à toute activité de ce type.

Le conseiller national bernois Adrian Amstutz a pour sa part critiqué des artistes «choyés par l'Etat» comme Pipilotti Rist. A contrario, le groupe de yodleurs de Sigriswil ou le pianiste de jazz George Gruntz ont connu un succès international sans les «béquilles étatiques» de Pro Helvetia. L'UDC demande enfin que les Commissions de gestion des Chambres fédérales ouvrent une enquête sur les «réseaux de copinage dans les organes responsables de l'aide à la culture».

Ton opinion