Suisse: L'UDC veut torpiller la réforme 2020 de l'AVS
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SuisseL'UDC veut torpiller la réforme 2020 de l'AVS

Le Conseil national prévoit dès lundi un débat-fleuve de quatre jours sur la réforme de l'AVS.

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smk/nxp
Thomas Aeschi et l'UDC vont tenter de faire douter le Conseil national sur les chances de l'AVS 2020.

Thomas Aeschi et l'UDC vont tenter de faire douter le Conseil national sur les chances de l'AVS 2020.

photo: Keystone

Le Conseil national empoigne lundi 26 septembre le projet de réforme 2020 de l'AVS sur lequel s'étripent les partis depuis de longs mois. Et l'UDC compte bien le faire capoter durant cette dernière ligne droite, comme l'explique le Blick dans son édition du vendredi 23 septembre.

La charge sera menée par Thomas Aeschi, le suppléant au chef du groupe UDC sous la coupole. Il proposera de diviser le paquet en trois étapes, avec une première tranche qui verra la hausse de l'âge de la retraite des femmes et une augmentation de 0,3% de la TVA au profit des caisses de l'AVS.

Augmentation automatique de la retraite

Suivra la baisse du taux de conversion des caisses de pension. Les rentes réduites seraient ainsi compensées dans le second pilier.

La troisième étape verra l'application du frein à l'endettement qui prévoit une augmentation automatique de l'âge de la retraite à 67 ans, si les finances de l'AVS devaient prendre l'eau.

Pas d'unanimité à la commission

Selon Thomas Aeschi, le paquet actuel qui comprend ces trois éléments en un seul bloc n'a aucune chance devant le peuple. «Nous devons d'abord commencer avec la retraite à 65 ans pour tous», donc pour les femmes surtout. Il se dit convaincu qu'avec une bonne campagne de communication et un succès dans les urnes pour ce premier pas, le peuple se montrera mieux disposé pour les étapes suivantes.

Un projet qui a toutes les chances d'aboutir, estime le Bâlois Sebastian Frehner, responsable de la réforme à l'UDC. «Les majorités changeantes au sein de la commission montrent qu'il n'y a pas d'unanimité.» Il préfère donc avancer point par point.

Diviser n'est pas une solution

Les partis de gauche montrent déjà les dents. «Ce n'est pas équilibré», tonne le Vaudois Roger Nordmann, le chef du groupe socialiste au Parlement. Il craint que diviser le paquet ne fasse que le détruire. «Il est tout à fait exclu que l'âge de la retraite pour les femmes à 65 ans associé à une augmentation de la TVA trouve grâce dans une votation populaire.»

Il ne voit dans la proposition de Thomas Aeschi qu'une manoeuvre de l'UDC pour mener la réforme de l'AVS dans le mur. Et même le parti n'est pas unanime, fait-il remarquer. De nombreux électeurs de l'UDC sont en effet opposés à toute augmentation de l'âge de la retraite.

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