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Suicide assisté en EMS VaudL'UDF rejette l'initiative d'Exit et le contre-projet

L'Union démocratique fédérale (UDF) est opposée à l'initiative d'Exit Vaud sur le suicide assisté en EMS et au contre-projet présenté par le canton.

L'Union démocratique fédérale (UDF) s'oppose à l'initiative d'Exit Vaud sur le suicide assisté en EMS (Etablissement médico-social). Le parti rejette également le contre- projet du canton qui autoriserait la pratique mais à de strictes conditions.

«Nos EMS deviendraient des lieux où l'on tue les personnes âgées», écrit mardi l'UDF. La réputation de «tourisme de la mort» de la Suisse serait accentuée. «Toute vie est précieuse et tout suicide est de trop», affirme le parti.

Trop proche

Avec ces arguments, l'UDF répond à la consultation qui échoit vendredi. Celle-ci porte sur l'initiative d'Exit (»Assistance au suicide en EMS») déposée en février 2009 munie de 14'000 signatures et à laquelle le canton oppose son propre texte.

«Le contre-projet est trop proche de l'initiative», déplore le député UDF Maximilien Bernhard interrogé par l'ATS. Le Conseil d'Etat a «fait un pas» en direction des initiants, alors qu'il n'aurait pas dû formuler de contre-proposition et laisser le peuple s'exprimer sur la seule initiative, estime-t-il.

Protéger la vie

Pour l'UDF, l'Etat doit protéger la vie, qu'elle soit en devenir, handicapée ou malade. «Si nous choisissons de tuer dans nos hôpitaux et nos EMS, nous allons exclure les possibilités d'amélioration de prise en charge», juge le parti qui prône l'éthique et se réclame des valeurs chrétiennes.

Dans ce débat sur la fin de vie, l'UDF se prononce en faveur de soins palliatifs de qualité à domicile et en milieu hospitalier, avec un accompagnement psychologique et spirituel. Si l'initiative est acceptée par les Vaudois lors de la votation, probablement vers fin 2011 ou début 2012, Maximilien Bernhard compte revenir à la charge avec une motion sur l'objection de conscience pour le personnel médical.

Critères précis

La révision de la loi sur la santé publique proposée par le Conseil d'Etat prévoit qu'une assistance au suicide en EMS peut être autorisée si plusieurs critères sont remplis. La personne doit avoir sa capacité de discernement et souffir d'une maladie ou de séquelles d'accident graves et incurables. Sa demande doit être persistante.

L'ensemble de l'équipe médicale doit prendre une décision concertée. En cas de doute ou s'il n'y a pas consensus, le médecin doit obtenir l'avis d'un confrère. L'avant-projet interdit par ailleurs au personnel médical d'être là au moment de la mise en oeuvre de l'aide au suicide.

Exit toujours déterminé

Début décembre, le comité d'Exit Suisse romande s'est adressé au médecin cantonal vaudois. Il lui a fait part de sa décision prise à l'unanimité de maintenir son initiative malgré le contre-projet. Ce dernier est jugé totalement inacceptable. (ats)

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