Actualisé 21.03.2011 à 18:44

Opération en Libye

L'UE peine à accorder ses violons

Les divisions perdurent au sein de l'Union européenne (UE) sur l'opération militaire en Libye.

Au sein de la coalition, à laquelle participent dans l'UE la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, la Belgique, le Danemark, la Grèce et l'Espagne, des voix dissonantes ont résonné à Bruxelles lors d'une réunion des ministres des affaires étrangères des 27.

«Cela ne devrait pas être une guerre contre la Libye» mais l'application stricte de la résolution de l'ONU, a jugé le ministre italien, Franco Frattini. Opposé à l'offensive, le premier ministre bulgare Boïko Borissov a dénoncé une «aventure» motivée par le pétrole. Pour lui, l'OTAN doit prendre le relais. La France et la Turquie s'y opposent de peur de s'aliéner l'opinion publique arabe.

Dimanche, le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, avait contribué à fragiliser la cohésion européenne en critiquant les bombardements sur la Libye - avant d'affirmer lundi avoir été «mal interprété».

Le ministre allemand Guido Westerwelle, sceptique de la première heure, a pour sa part répété lundi ses fortes réserves à l'égard de l'opération militaire en cours. «Nous avons clairement dit depuis le début que nous ne participerions pas» à cette action, compte tenu des «risques», a-t-il rappelé.

Kadhafi pour cible

C'est le but de l'opération qui sème le doute parmi les 27. «Est- ce qu'il s'agit de protéger des civils ? D'instaurer un statu quo ? De liquider Kadhafi ? La coalition n'est pas très claire là-dessus», a fait remarquer lundi un diplomate d'un pays européen non impliqué.

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a de son côté laissé entendre que le colonel Kadhafi pouvait être pris pour cible par les frappes internationales. Il a toutefois refusé de «spéculer» sur les objectifs choisis par la coalition.

Le premier ministre belge Yves Leterme a quant à lui estimé que l'objectif était «clairement» de déloger le colonel Kadhafi.

Bien que divisés, les 27 pays de l'UE ont finalement admis que «tout en contribuant de manière différenciée», ils restent «déterminés à agir collectivement et résolument, avec tous les partenaires internationaux, particulièrement la Ligue arabe et d'autres acteurs régionaux, pour donner plein effet aux décisions».

Aide humanitaire renforcée

Pour la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton, il s'agit de voir ce que l'UE peut faire de plus en soutien à la résolution de l'ONU sur le plan humanitaire et l'aide à long terme.

La pression des réfugiés pourrait s'intensifier à la frontière égyptienne, selon des diplomates. Les options sur lesquelles l'UE travaille «plus que sur d'autres» sont liées à l'assistance humanitaire «au sens large» et en particulier l'aide aux réfugiés aux frontières libyennes, «mais aussi les besoins humanitaires à Benghazi même», a précisé l'un des diplomates présents à Bruxelles.

L'UE a déjà coordonné des moyens militaires à des fins d'évacuation humanitaire dans le cadre du pont aérien pour évacuer vers l'Egypte les réfugiés égyptiens fuyant la Libye par la frontière tunisienne. Elle planche par exemple sur la mise en place d'un corridor aérien ou maritime pour évacuer des civils, selon plusieurs diplomates.

Sanctions élargies

De nouvelles sanctions contre la Libye ont également été entérinées lundi par les ministres des 27, selon des sources diplomatiques. Ces mesures sont dirigées contre des entités financières libyennes et des membres du gouvernement libyen.

Les ministres doivent porter de 27 à 38 le nombre de membres du régime visés par des gels d'avoirs et des interdictions de visa.

L'UE a porté également de cinq à quatorze le nombre d'entités financières dans sa ligne de mire. Elle y a ajouté des fondations, des banques, des compagnies d'investissement et des entités d'Etat. La liste complète des nouveaux sanctionnés sera dévoilée mardi. (ats)

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