Actualisé 02.12.2018 à 21:51

Interview«L'UE peut se passer de nous, mais pas nous»

A vouloir jouer la montre, Berne va tout perdre, craint un professeur de politique européenne à l'Université de Berne, Klaus Armingeon.

Photo d'illustration.

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Keystone

Bruxelles présente depuis une décennie ses exigences sur ce dossier et, eu égard à sa position, ces revendications sont «compréhensibles et raisonnables», a déclaré l'expert en politique européenne Klaus Armingeon ce dimanche au micro de la radio alémanique SRF.

A ses yeux, «on a attendu trop longtemps à Berne, on n'a développé aucune stratégie claire et, lorsque l'on s'est retrouvé sous la pression du temps, on a dupé les syndicats qui ont réagi en disant stop, ce qui est compréhensible». Le problème se situe en Suisse: «la Confédération a trop longtemps essayé de jouer la montre».

Voie bilatérale «inefficace»

La voie bilatérale n'est pas tant un succès que ce que la Suisse veut bien croire, affirme Klaus Armingeon. Elle suscite «un double malaise» chez les Européens: les accords doivent régulièrement être mis à jour, ce qui demande «énormément d'efforts» dans une communauté de 28 Etats membres.

En outre, il n'est pas précisé quelles procédures de règlement des différends doivent être appliquées. Cette question est en suspens depuis que les accords bilatéraux existent et «maintenant nous avons besoin d'un cadre», estime le professeur. L'UE n'est plus prête à continuer de manière aussi inefficace.

Klaus Armingeon estime que la Suisse ne tient pas compte de l'équilibre réel des forces. Il rappelle que plus de la moitié du commerce extérieur de la Suisse est effectué avec l'Union européenne, alors que l'UE n'en réalise que 6 à 8% avec la Confédération. «L'UE peut se passer de nous, mais nous ne pouvons nous passer de l'UE», conclut l'expert. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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