Actualisé 03.03.2020 à 15:31

Migration

L'UE promet à Athènes «toute l'aide nécessaire»

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés estime que les membres de l'UE ne sont pas assez solidaires dans la gestion de la crise entre la Grèce et la Turquie.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

AFP

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi s'en prend à l'UE. Il a dit mardi que la crise entre Grèce et Turquie «montre» que les membres ne sont pas assez «solidaires». Bruxelles a répondu par l'extension de la surveillance à la frontière grecque.

«J'espère que la pression va retomber dans les prochaines semaines» et qu'une discussion plus apaisée puisse à nouveau avoir lieu, a affirmé Filippo Grandi devant quelques journalistes à Genève. Comme il l'a souvent répété ces dernières années pendant la crise migratoire qui affectait la Grèce, il appelle l'UE à attribuer «davantage de ressources» à ce pays.

Quelques heures plus tard, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, s'est dite «aux côtés» de la Grèce. Elle a promis à Athènes «toute l'aide nécessaire». «Ceux qui cherchent à tester l'unité de l'Europe seront déçus», a-t-elle dit, citée par l'AFP, sur le poste frontière de Kastanies, au nord-est du pays, aux côtés du Premier ministre grec et des présidents du Conseil européen et du Parlement européen. Elle a promis «700 millions d'euros» (plus de 745 millions de francs) dont la moitié immédiatement.

Filippo Grandi a lui réitéré aussi sa demande aux Etats européens en faveur de davantage de solidarité dans la prise en charge des migrants et des réfugiés. Un appel également lancé mardi par la Fédération internationale des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). Celle-ci, établie à Genève, a dénoncé la «politisation» de la situation des migrants à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Son président Francesco Rocca a estimé la situation «inacceptable».

Pas d'arrivée d'Idlib

«Nous ne nous tairons pas face à cette situation humanitaire désastreuse qui pourrait encore se détériorer», a-t-il affirmé. Il a appelé l'UE et les gouvernements de ses Etats à être en ligne avec leurs engagements internationaux. La FICR estime qu'une assistance humanitaire, notamment des soins, doit être garantie à ces personnes.

Alors que la situation à Idlib, en Syrie, a déplacé récemment près d'un million de personnes vers la frontière turque, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait menacé de laisser passer des millions de réfugiés, déjà présents dans son pays, vers la Grèce. Depuis l'accord de 2016 avec l'UE, la Turquie est devenue l'Etat qui rassemble le plus grand nombre d'entre eux sur son territoire, dont plus de 3,5 millions de personnes venues de Syrie.

La déclaration du chef de l'Etat turc a poussé plusieurs milliers de migrants et de réfugiés à se rapprocher de la frontière avec la Grèce pour tenter de rejoindre le continent européen. «Personne parmi eux ne vient d'Idlib», a affirmé Filippo Grandi, sans dire s'il s'en prenait à Recep Tayyip Erdogan.

Navire ou encore représentants supplémentaires

Lundi, le HCR avait estimé que la Grèce avait violé ses obligations internationales en suspendant la réception de demandes d'asile, une attitude contraire à la Convention de 1951 sur les réfugiés et au droit de l'UE. La Grèce s'était appuyée sur celui-ci. Mais un dispositif temporaire n'est possible que si le Conseil européen le valide après proposition de la Commission en cas d'une urgence.

«A ma connaissance», il n'a jamais été activé par les membres de l'UE, a dit mardi à Keystone-ATS un porte-parole du HCR. L'agence onusienne a appelé à plusieurs reprises au calme et elle demande aussi aux migrants ou aux réfugiés qui arrivent d'honorer la loi et de ne pas provoquer des troubles à l'ordre public.

Mme von der Leyen a expliqué de son côté que la priorité européenne était le maintien de l'ordre à la frontière grecque. Une force rapide est prête à être déployée à la frontière, rassemblant notamment un navire, deux patrouilleurs, deux hélicoptères et un avion. Cent hommes seront ajoutés aux 530 déjà présents pour le contrôle de la frontière. Dimanche et lundi, près de 1500 personnes sont arrivées en Grèce, dont environ 1200 par la mer, selon l'ONU. (nxp/ats)

ONG prises pour cibles par des groupes «fascistes»

Plusieurs ONG ont annoncé mardi avoir suspendu leur travail auprès des réfugiés sur l'île grecque de Lesbos. Elles ont évacué leurs équipes après la multiplication d'attaques et de menaces de la part de groupes qualifiés de «fascistes».

L'île grecque du nord de la mer Égée, située proche des côtes turques, connaît une recrudescence des arrivées de migrants depuis que la Turquie a ouvert ses frontières en fin de semaine dernière.

La tension est montée d'un cran à Lesbos, où la situation avait déjà atteint un point de rupture depuis plusieurs mois avec plus de 19'000 personnes vivant dans des conditions misérables dans un camp prévu pour moins de 3000 personnes.

(NewsXpress)

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