Crise migratoire: L'UE reste divisée au sujet de l'accueil des réfugiés
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Crise migratoireL'UE reste divisée au sujet de l'accueil des réfugiés

Berlin réclame un sommet de l'UE, tandis que Budapest boucle sa frontière avec la Roumanie et la Serbie.

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12.08 La «Jungle» de Calais, où affluent régulièrement des migrants espérant passer en Angleterre, accueille aujourd'hui plus de 9000 personnes, soit 2000 de plus qu'en juillet.

12.08 La «Jungle» de Calais, où affluent régulièrement des migrants espérant passer en Angleterre, accueille aujourd'hui plus de 9000 personnes, soit 2000 de plus qu'en juillet.

AFP/Philippe Huguen
Parmi ces 9106 personnes recensées dans les différentes zones du bidonville par les associations l'Auberge des Migrants et Help Refugees, on compte 865 mineurs, dont 676 non accompagnés, ont précisé vendredi deux ONG actives dans le bidonville.

Parmi ces 9106 personnes recensées dans les différentes zones du bidonville par les associations l'Auberge des Migrants et Help Refugees, on compte 865 mineurs, dont 676 non accompagnés, ont précisé vendredi deux ONG actives dans le bidonville.

AFP/Philippe Huguen
24.07.2016 L'île grecque de Lesbos se trouve vidée de ses touristes alors que plus de 800'000 réfugiés sont passés par là en 2015.

24.07.2016 L'île grecque de Lesbos se trouve vidée de ses touristes alors que plus de 800'000 réfugiés sont passés par là en 2015.

AFP/Louisa Gouliamaki

L'Allemagne et l'Autriche ont réclamé mardi la tenue rapide d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pour résoudre la crise des réfugiés.

L'afflux des migrants s'amplifie malgré la fermeture par la Hongrie de sa frontière avec la Serbie.

«Le temps presse», a mis en garde la chancelière Angela Merkel lors d'une conférence de presse avec son homologue autrichien Werner Faymann à Berlin. Il s'agit d'«un problème pour l'Union européenne dans son ensemble», a-t-elle ajouté, plaidant pour la tenue dès «la semaine prochaine» de ce conseil européen extraordinaire.

A ses côtés, Werner Faymann a exhorté les Européens à ne pas pratiquer «la politique de l'autruche». Au lendemain de l'échec d'une réunion d'urgence sur la répartition des réfugiés sur le continent, Berlin semble à bout de patience. «L'Europe s'est une nouvelle fois couverte de honte», a jugé mardi le vice-chancelier Sigmar Gabriel.

Menaces

Avec le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière, il a menacé de réduire les aides européennes aux pays qui refusent de se répartir de manière contraignante les réfugiés. Principaux visés: les Etats d'Europe de l'Est, vent debout contre les quotas.

Angela Merkel a toutefois rappelé à l'ordre un peu plus tard ses ministres en indiquant ne pas croire que «les menaces» soient la solution. Et la Commission européenne a également rejeté une telle option.

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a dénoncé les mises en garde de Berlin, soulignant que jamais aucun pays de l'UE n'avait été sanctionné pour divergence d'opinion. Il a lui aussi réclamé la tenue d'un sommet extraordinaire des Vingt-Huit, mais pour y réitérer son refus de se faire «dicter» des quotas obligatoires.

Le secrétaire d'Etat tchèque chargé des Affaires européennes, Tomas Prouza, a dénoncé sur Twitter des menaces «vides» qui n'ont aucune base juridique mais sont dommageables pour tous.

Malgré l'échec de la réunion de Bruxelles, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga et son homologue slovène Borut Pahor ont plaidé à Ljubljana en faveur d'un système de quotas contraignants pour la répartition des réfugiés. Ils ont appelé l'UE à trouver des solutions pour une politique d'asile commune solidaire.

Frontière hongroise fermée

Pendant ce temps, les migrants fuyant la guerre ou la pauvreté continuent de se presser aux portes de l'UE. Des centaines de personnes se sont retrouvées bloquées mardi matin face aux barbelés séparant la Serbie du territoire hongrois.

En vertu d'une nouvelle législation entrée en vigueur ce mardi, la Hongrie renverra automatiquement tous les réfugiés arrivés depuis la Serbie, un pays désormais considéré comme «sûr». Les migrants illégaux seront interpellés et risquent trois ans de prison, selon les autorités, qui ont annoncé 174 arrestations pour la journée de mardi.

Le gouvernement nationaliste de Viktor Orban a annoncé qu'il envisagerait de prolonger sa clôture frontalière avec la Serbie vers la Roumanie au cas où les migrants tenteraient de prendre une autre route pour gagner son territoire, ce qui a suscité les protestations de Bucarest.

Inquiétude de l'ONU

La Serbie, elle, s'est dite incapable de gérer le flux de migrants bloqués sur son sol, appelant l'Union européenne à résoudre cette crise sans précédent.

A Genève, le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a qualifié les nouvelles mesures prises par la Hongrie de «vraiment alarmantes» et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déclaré qu'elles «semblaient» contrevenir aux obligations internationales et européennes de Budapest.

Cette crise migratoire a vu plus de 500'000 migrants traverser les frontières extérieures de l'Union européenne entre janvier et août de cette année, contre 280'000 pour l'ensemble de 2014, a annoncé mardi l'agence européenne Frontex.

Dans ce contexte, l'OIM a dit craindre «que l'absence de décision va provoquer la mort de davantage de migrants en Méditerranée». Au moins 24 migrants sont morts mardi matin au large des côtes du sud-ouest de la Turquie dans le naufrage de leur embarcation alors qu'ils tentaient de rallier l'île grecque de Kos. (nxp/ats)

Les ministres de l'Intérieur se réuniront jeudi prochain

réunion extraordinaire mardi prochain pour discuter de la crise migratoire, a annoncé mardi le Luxembourg. Ils devront se mettre d'accord sur un système de répartition de 120'000 demandeurs d'asile.

n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur un système de répartition des réfugiés entre pays européens par quotas obligatoires. Ils avaient prévu de se revoir le 8 octobre.

(NewsXpress)

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