Energie  – L'UE veut amortir la flambée des prix sans sacrifier le climat 
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Énergie L'UE veut amortir la flambée des prix sans sacrifier le climat

Bruxelles a présenté mercredi des mesures temporaires pour atténuer l'envolée des prix de l'énergie, notamment par une baisse de la TVA ou des soutiens aux ménages.

La commissaire à l’Energie, Kadri Simson, a détaillé mercredi les mesures préconisées par l’UE. 

La commissaire à l’Energie, Kadri Simson, a détaillé mercredi les mesures préconisées par l’UE.

AFP

Alors que le cours du gaz s’est envolé à des records historiques, tirant les prix de l’électricité et menaçant de faire dérailler la reprise économique, la Commission européenne a présenté des «outils» pour alléger les factures des consommateurs les plus vulnérables. Bruxelles incite les États à baisser les lourdes taxes sur l’énergie, y compris la TVA, et à soutenir les ménages via des bons d’achat ou des reports de factures. Selon la Commission, la forte hausse du cours du marché du carbone, où les fournisseurs d'énergie achètent des «droits à polluer», a permis aux États d’engranger au total 26,3 milliards d’euros (environ 28,5 milliards de francs) de recettes sur les neuf premiers mois de 2021, soit quelque 10 milliards supplémentaires sur un an, qu’ils peuvent donc redistribuer aux plus démunis.

Mesures temporaires

Mais ces mesures temporaires doivent être «bien ciblées», «facilement ajustables» dès que la situation s’améliorera, et «éviter d’interférer avec les dynamiques du marché de l’électricité», a averti la Commission. Surtout, elles ne doivent pas fragiliser le «Pacte vert» européen et les soutiens aux renouvelables. L’Europe subit de plein fouet la crise énergétique avec d’un côté, la reprise économique mondiale qui crée une forte demande ces derniers mois et de l’autre une série de problèmes pèse sur l’offre, certains pays ayant vu leur production baisser à cause de retards de maintenance dus à la pandémie ou d’infrastructures vieillissantes.

Avis divergents

Bruxelles était sous la pression de certains Etats pour présenter des pistes de réformes plus ambitieuses. Paris souhaite ainsi réviser les règles du marché commun de l’électricité, où le prix global est déterminé par les cours des énergies fossiles. Madrid propose des «achats groupés» de gaz et Athènes un «fonds transitoire» absorbant les hausses de cours. Mais d’autres pays, comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Luxembourg, mettaient en garde contre des «mesures extrêmes» et toute réforme du marché face à une situation jugée temporaire.

L’UE reste prudente

«Il faut regarder la possibilité de découpler les prix de l’électricité et ceux du gaz, car nous avons (dans l’UE) des énergies moins chères, par exemple les renouvelables», avait reconnu début octobre la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Mais la Commission s’est montrée très prudente mercredi, ne réclamant qu’«une analyse approfondie des avantages et défauts» du système actuel par les régulateurs européens, et promettant une surveillance accrue pour contrer la spéculation. «Nous n'avons aucune tolérance pour les manipulations de marchés», a précisé la Commission.

Réserves de gaz?

L’exécutif européen a en revanche proposé des pistes pour renforcer les réserves européennes de gaz et vérifier que leur usage est «optimal», alors que tous les États ne disposent pas d’installations de stockage et que les obligations de remplissage varient beaucoup. Si, dans l’immédiat, les stocks sont jugés «tendus mais adéquats pour couvrir les besoins hivernaux», Bruxelles veut renforcer les solidarités entre États, et planchera sur un système «volontaire» d’approvisionnement conjoint de stocks européens, embryon d’une «réserve stratégique» réclamée par l’Espagne.

(AFP)

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