Révolte en Syrie: L'UE veut des sanctions contre le régime
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Révolte en SyrieL'UE veut des sanctions contre le régime

Les acteurs de la révolution en Syrie ont à nouveau réussi à mobiliser leurs troupes vendredi, jour de prière.

Les acteurs de la révolution en Syrie ont à nouveau réussi à mobiliser leurs troupes vendredi, jour de prière. Des milliers de personnes ont bravé l'interdiction de manifester dans plusieurs villes. Environ cinquante civils auraient perdu la vie vendredi. A Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a condamné Damas.

Quelques dizaines de milliers de personnes ont défilé à Deraa pour réclamer la chute du régime du président Bachar al-Assad. Au moins 32 personnes auraient perdu la vie sous les tirs des forces de sécurité à l'entrée de la ville. Les blessés se compteraient par plusieurs dizaines, selon des militants des droits de l'homme.

Pas de «vendredi des martyrs» à Damas

Six semaines après le début du mouvement de contestation, «les jeunes de la révolution syrienne» avaient appelé sur internet à un nouveau «vendredi de la colère» en solidarité avec Deraa.

Deux mille manifestants se sont rassemblés à Midane, dans un quartier de Damas. Plusieurs milliers d'habitants se sont réunis à Saqba, tout près de la capitale.

A Homs (centre), des milliers de personnes ont crié «à bas le régime», d'après des vidéos filmées par les militants et diffusées pour la première fois en temps réel sur internet. Quinze personnes, dont un enfant, ont été tuées à Homs alors que le ministère de l'Intérieur a lui fait état de trois policiers tués par balles.

«Solidarité avec Deraa»

A Banias, près de dix mille personnes ont manifesté sous les cris de «Liberté, solidarité avec Deraa». A Deir Ez-Zor, à 460 km au nord- est de Damas, un millier de protestataires sortis des mosquées ont été dispersés «à coups de bâtons et de câbles électriques» par les forces de sécurité, selon un militant des droits de l'homme.

A Ar Raqqa, à 540 km de la capitale, 300 à 400 personnes ont hurlé «faites que le siège à Deraa soit levé». Enfin, dans la région à majorité kurde du nord de la Syrie, 15'000 personnes ont défilé sans incident à Qamichli et dans trois localités environnantes, selon des responsables kurdes pour les droits de l'homme.

Un porte-parole de l'armée syrienne a lui affirmé que quatre soldats syriens avaient été tués vendredi à l'aube et deux autres enlevés à Deraa lors d'une attaque par un «groupe terroriste armé».

Interdiction sans effet

A la veille de ces mobilisations, les autorités avaient rappelé l'interdiction de manifester. «Le ministère de l'Intérieur appelle les citoyens à s'abstenir de mener des manifestations ou des sit-in sous n'importe quel slogan, sans autorisation officielle. Les lois en vigueur seront appliquées afin de préserver la sécurité des citoyens et la stabilité du pays», avait ajouté le ministère.

Un militant de Deraa, Abdallah Abazid, avait aussitôt déclaré: «nous sommes des pacifistes, à aucun moment nous n'avons porté les armes ni contre l'armée ni contre les services de sécurité».

Depuis le début de la contestation, plus de 500 personnes auraient été tuées dans tout le pays, selon le «Comité des martyrs du 15 mars», un mouvement proche des opposants. Mais un porte-parole militaire a démenti ce chiffre, expliquant que 148 personnes avaient trouvé la mort, 78 militaires et policiers et 70 civils.

L'ONU et la Suisse condamnent

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, à Genève, a voté vendredi une résolution qui condamne la sanglante répression des manifestations en Syrie. Le texte a été adopté par 26 voix pour, neuf contre et sept abstentions. Cinq délégations, dont celles de la Jordanie, du Qatar et de Bahreïn, étaient absentes.

Le Conseil a demandé la création d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur l'attitude des forces de l'ordre et opposer une fin de non-recevoir à la candidature de la Syrie, qui veut intégrer le Conseil lors de l'Assemblée générale de l'ONU en mai.

La Suisse, par la voix de son ambassadeur auprès de l'ONU Dante Martinelli, a demandé elle aussi vendredi aux autorités syriennes de mettre un terme à l'usage disproportionné de la force.

Les Etats-Unis ont imposé, eux, des sanctions économiques contre plusieurs responsables du régime, dont le frère cadet de Bachar al- Assad, Maher al-Assad. Ces sanctions concernent surtout les services de renseignements syriens et l'armée syrienne. (ats)

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