Bruxelles: L'UE veut freiner les migrants non qualifiés

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BruxellesL'UE veut freiner les migrants non qualifiés

La Commission européenne a présenté son projet pour attirer les migrants qualifiés.

Le commissaire à la Migration, Dimitris Avramopoulos.

Le commissaire à la Migration, Dimitris Avramopoulos.

photo: Kein Anbieter

Le projet présenté par la Commission européenne vise à attirer une main-d'oeuvre qui tend à privilégier d'autres destinations que l'UE. «Nous devons mieux nous équiper pour traiter les besoins du marché du travail et les manques futurs de compétences», a fait valoir le commissaire à la Migration, Dimitris Avramopoulos.

Seulement «31% des migrants vers des pays de l'OCDE ayant un haut niveau d'études choisissent l'UE comme destination. Cela signifie que des travailleurs qualifiés choisissent des destinations en compétition économique avec l'Union», indique la Commission.

Elle frappe des migrants et finit au chômage

Réforme de la carte bleue

Ele entend attirer cette main-d'oeuvre par le biais d'une réforme du système européen de permis de travail pour des migrants de pays tiers. Elle vise à corriger les lacunes du système actuel dit de «carte bleue». Très restrictif, il est peu lisible pour les employeurs potentiels et les candidats.

La proposition «établit un seul système européen, remplaçant les systèmes nationaux» en doublon, quand ils visent les mêmes types de main-d'oeuvre. Les Etats membres resteraient maîtres du nombre de permis de travail accordés sur leurs territoires, a souligné l'exécutif européen.

La réforme autoriserait toutefois aussi davantage de mobilité au sein de l'UE, pour un migrant ayant reçu un permis de travail dans un pays européen. Le Royaume-Uni n'est pas concerné par cette directive européenne, pas plus que l'Irlande et le Danemark, a-t-il aussi pris soin de préciser.

Freiner les migrants africains

Si elle entend attirer les migrants qualifiés, la Commission souhaite parallèlement juguler l'afflux de migrants économiques illégaux qui arrivent par la Méditerranée. Cela lui permettrait aussi de freiner la montée des traversées mortelles.

Son plan est «un mix d'incitations positives et négatives» pour les pays africains, a expliqué le vice-président de la Commission Frans Timmermans, devant le Parlement européen. La Commission fait notamment miroiter des investissements financiers de plus de 60 milliards d'euros (65, 8 milliards de francs).

«Nous proposons de nouveaux partenariats, en commençant par un premier groupe de pays», a expliqué M. Timmermans. L'Ethiopie, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Sénégal, la Jordanie et le Liban en font partie. Le commissaire a fait planer la menace de «conséquences pour ceux refusant de coopérer», notamment sur le plan commercial.

Huit milliards d'abord

A court terme, le plan prévoit de diriger 8 milliards d'euros d'ici 2020, en provenance de fonds déjà prévus pour l'aide au développement, vers les pays-clés concernés.

A plus long terme, l'exécutif européen a l'ambition de mobiliser «jusqu'à 62 milliards d'euros de fonds publics et privés dans l'économie réelle», à condition que les Etats membres de l'UE et d'«autres partenaires» jouent le jeu. Ce plan d'investissement, inspiré du «plan Juncker» (un plan d'investissements pour l'UE), sera détaillé à l'automne.

Causes profondes

L'objectif affiché est de s'attaquer aux «causes profondes» des migrations, en donnant aux Africains des perspectives d'avenir chez eux, via le financement de projets concrets. Il s'agit aussi d'obtenir des pays africains, comme cela a été fait avec la Turquie, qu'ils luttent davantage contre les passeurs et acceptent beaucoup plus de «réadmissions» de leurs ressortissants.

Moins de 40% des migrants irréguliers ayant reçu dans l'UE l'injonction de retourner dans leur pays le font effectivement, selon des chiffres datant de 2014, en partie en raison d'un manque de coopération et de moyens des pays d'origine.

L'immense afflux de migrants venant de Turquie s'étant tari grâce au fragile accord entre l'UE et Ankara conclu en mars, la route maritime depuis l'Afrique est redevenue la principale porte d'entrée clandestine en Europe. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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