Bruxelles: L'UE veut réformer les demandes d'asile
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BruxellesL'UE veut réformer les demandes d'asile

Face à la crise, la Commission européenne vise une répartition des réfugiés plus juste en remaniant le système.

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12.08 La «Jungle» de Calais, où affluent régulièrement des migrants espérant passer en Angleterre, accueille aujourd'hui plus de 9000 personnes, soit 2000 de plus qu'en juillet.

12.08 La «Jungle» de Calais, où affluent régulièrement des migrants espérant passer en Angleterre, accueille aujourd'hui plus de 9000 personnes, soit 2000 de plus qu'en juillet.

AFP/Philippe Huguen
Parmi ces 9106 personnes recensées dans les différentes zones du bidonville par les associations l'Auberge des Migrants et Help Refugees, on compte 865 mineurs, dont 676 non accompagnés, ont précisé vendredi deux ONG actives dans le bidonville.

Parmi ces 9106 personnes recensées dans les différentes zones du bidonville par les associations l'Auberge des Migrants et Help Refugees, on compte 865 mineurs, dont 676 non accompagnés, ont précisé vendredi deux ONG actives dans le bidonville.

AFP/Philippe Huguen
24.07.2016 L'île grecque de Lesbos se trouve vidée de ses touristes alors que plus de 800'000 réfugiés sont passés par là en 2015.

24.07.2016 L'île grecque de Lesbos se trouve vidée de ses touristes alors que plus de 800'000 réfugiés sont passés par là en 2015.

AFP/Louisa Gouliamaki

Après des mois passés à tenter de remédier dans l'urgence à la crise migratoire qui a mis à mal le système de demandes d'asile dans l'UE, Bruxelles présente mercredi les différentes «options» envisagées pour une révision en profondeur. Celle-ci viserait à soulager les pays du Sud.

En ligne de mire, la réforme du règlement de Dublin, critiqué depuis des années, qui détermine le pays responsable de l'examen d'une demande d'asile.

L'afflux soudain et massif de migrants - plus de 1,25 million de requêtes déposées en 2015 - a révélé crûment les failles d'un système qui ont mis une pression démesurée sur les pays de «première entrée», l'Italie et surtout la Grèce, qui se débat déjà pour sortir de la crise économique.

Mécanisme de «relocalisation»

Selon une source diplomatique européenne, la Commission européenne s'apprête à mettre sur la table deux options.

La première s'appuie sur la structure existante, en gardant le système de demande d'asile dans le pays de première entrée. Mais elle prévoit une porte de secours en cas de flux migratoire massif comme celui que connaît actuellement l'Europe: un mécanisme de «relocalisation», tel que celui négocié dans l'urgence par deux fois en 2015 par les 28 Etats membres.

«Il s'agit de pérenniser le mécanisme d'urgence», résume cette source européenne. Principal avantage de cette option selon elle: cette solution continue de responsabiliser le pays d'entrée, plus enclin à bien surveiller ses frontières, et par extension, la frontière extérieure de l'UE.

Système de quotas

La deuxième solution consiste à «faire en permanence de la relocalisation», en instaurant ce qui pourrait ressembler à un système de quotas ou d'agrégats. Selon la source, elle aurait la préférence des deux pays qui ont accueilli le plus de réfugiés depuis septembre, l'Allemagne et la Suède.

Le mécanisme de relocalisation d'urgence avait été instauré non sans douleur, et non sans critique. Alors que les 28 se sont entendus pour répartir entre eux quelque 160'000 réfugiés arrivés en Grèce et en Italie, 1111 personnes seulement ont été prises en charge pour l'instant.

Solidarité européenne en jeu

En jeu, la solidarité européenne, ébranlée par une crise migratoire sans précédent depuis 1945.

Dans un entretien paru mercredi dans le quotidien allemand Bild, François Hollande a souligné qu'il n'était «pas question de reproduire en 2016 ce qui s'est passé en 2015».

Saluant l'effort de l'Allemagne dans l'accueil des réfugiés, le président français a toutefois estimé que «la réponse ne peut être qu'européenne». Il prophétise dans le cas contraire «la fin de (l'espace de libre circulation) Schengen et le retour aux frontières nationales, c'est-à-dire une régression historique».

Les textes d'une proposition concrète sont attendus d'ici la fin juin. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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