29.09.2016 à 17:42

Kiev

L'Ukraine commémore le massacre de Babi Yar

Cet événement tragique avait coûté la vie à 34'000 juifs, l'une des pages les plus noires de la Seconde Guerre mondiale.

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Une garde d'honneur saluée par le président ukrainien Petro Porochenko et l'Israélien Reuven Rivlin, un peu avant la cérémonie de commémoration prévue sur le site du massacre. (29 septembre 2016)

Une garde d'honneur saluée par le président ukrainien Petro Porochenko et l'Israélien Reuven Rivlin, un peu avant la cérémonie de commémoration prévue sur le site du massacre. (29 septembre 2016)

AFP
Petro Poroshenko, lors de l'hommage officiel. (29 septembre 2016)

Petro Poroshenko, lors de l'hommage officiel. (29 septembre 2016)

Reuters
Le président israélien Reuven Rivlin devait initialement prendre part à la cérémonie mais a dû interrompre sa visite officielle en Ukraine pour rentrer en Israël après le décès de l'ancien président Shimon Peres. (29 septembre 2016)

Le président israélien Reuven Rivlin devait initialement prendre part à la cérémonie mais a dû interrompre sa visite officielle en Ukraine pour rentrer en Israël après le décès de l'ancien président Shimon Peres. (29 septembre 2016)

AFP

L'Ukraine a commémoré, jeudi, les 75 ans du massacre de Babi Yar. En septembre 1941, à Kiev, plus de 34'000 juifs furent tués par les nazis dans l'un des carnages les plus atroces de la Seconde Guerre mondiale.

Ces cérémonies interviennent alors que l'Ukraine prend ses distances avec son passé soviétique et réexamine le rôle complexe et controversé joué par les nationalistes ukrainiens pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une cérémonie de commémoration est prévue sur le site du massacre à partir de 17h30, en présence du président ukrainien Petro Porochenko. Le président israélien Reuven Rivlin devait initialement prendre part à la cérémonie, mais a dû interrompre sa visite officielle en Ukraine pour rentrer en Israël après le décès de l'ancien président Shimon Peres.

Un mémorial en 2021

Avant la cérémonie, une déclaration d'intention en vue de construire «le premier centre mémorial pour les victimes du massacre de Babi Yar en Ukraine» a été signée, notamment par le grand rabbin de Kiev et d'Ukraine, Yaakov Dov Bleich.

Les organisateurs espèrent que l'ouverture de ce complexe mémorial aura lieu en 2021, une date qui coïncidera avec les 80 ans du massacre.

«L'Holocauste est la page la plus tragique de l'histoire du peuple juif. (...) Ensemble, nous construisons une Ukraine où il n'y a pas de place pour l'antisémitisme», a déclaré le président Petro Porochenko, présent lors de l'événement.

Pour ne pas oublier

Un court film, réalisé par les organisateurs, a également été présenté, dans lequel s'exprimaient des survivants de Babi Yar.

«Il y a peu de gens comme moi encore en vie. Dans peu de temps, nous serons tous partis, et cela sera oublié une fois pour toutes. Et à Kiev, là où tout a eu lieu, il n'y a toujours pas de musée consacré à l'Holocauste», a déclaré l'une d'elles dans cette vidéo.

Actuellement, le site de Babi Yar abrite un monument construit en 1976, mais dédié aux «citoyens et prisonniers de guerre soviétiques», sans aucune mention des victimes juives. En 1991, un mois après la chute de l'URSS, la communauté juive avait également érigé non loin de là une sculpture en forme de menorah, le chandelier juif à sept branches.

Ordre nazi

Les 29 et 30 septembre 1941, plus de 34'000 Juifs ont été tués par balles par les nazis, aidés par des miliciens ukrainiens au ravin de Babi Yar. L'Ukraine organise depuis quelques années seulement de grandes cérémonies commémoratives de la tragédie, volontairement ignorée par les autorités durant la période soviétique.

Les nazis, qui occupaient Kiev depuis le 19 septembre 1941, avaient diffusé des affiches en ukrainien ordonnant «à tous les Juifs» de «se rassembler le 29 septembre 1941 vers 8 heures du matin au croisement des rues Melnik et Dokterivska» avec leurs papiers d'identité, de l'argent et des vêtements chauds. «Celui qui désobéira à cet ordre sera fusillé», prévenait le texte, perçu à Kiev comme l'annonce d'une déportation. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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