L'Uni de Genève a un nouveau recteur

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L'Uni de Genève a un nouveau recteur

Nommé mercredi par le Conseil d'Etat, Jean-Dominique Vassalli devra ramener la sérénité dans une institution récemment ébranlée par des dysfonctionnements et des scandales.

M. Vassalli, docteur en sciences et en médecine, a été nommé mercredi par le Conseil d'Etat sur proposition d'une commission universitaire. L'institution privilégie ainsi un choix interne: le professeur, né à Genève il y a 60 ans, a été vice-doyen de la Faculté de médecine de 1991 à 1999 et vice-recteur de 1999 à 2003.

«Le choix d'une personnalité interne est un gage de prudence mais aussi de solidité», a affirmé mercredi devant les médias le président du Conseil d'Etat Charles Beer. Après une période de troubles, avoir un recteur qui connaît tous les rouages de l'institution représente un avantage.

Au-dessus de tout soupçon

La découverte d'irrégularités comptables et de fausses notes de frais avait abouti à la démission du rectorat in corpore en juillet. Une enquête générale sur le fonctionnement de l'Université est actuellement diligentée par l'ancien procureur neuchâtelois Thierry Béguin. Son rapport est attendu pour mi-janvier.

Le professeur Vassalli entrera en fonction le 15 juillet pour un mandat de quatre ans. Sa candidature a recueilli une «très forte adhésion» au sein de la commission chargée de débusquer le candidat idéal. Les vérifications ont aussi démontré que le professeur n'a en rien trempé dans les pratiques frauduleuses, a souligné M. Beer.

Plusieurs défis attendent Jean-Dominique Vassalli. Avant de démissionner face à l'ampleur prise par le scandale, l'ancien recteur André Hurst a commencé à remettre de l'ordre dans le fonctionnement et les contrôles internes. «Il faudra poursuivre ce travail», a affirmé le professeur Vassalli, joint par l'ATS.

«Vivre avec son siècle»

La nouvelle loi sur l'Université, sur laquelle planche une commission externe, devra aussi permettre à l'institution de «vivre avec son siècle». Le nouveau recteur souhaite que l'Alma mater gagne en autonomie de gestion. Elle devrait par exemple pouvoir proposer des salaires plus attractifs pour attirer des cerveaux.

M. Vassalli compte aussi renforcer la direction de l'Université et associer plus étroitement les facultés à la conduite des affaires. Il n'est pas exclu qu'il intègre des doyens de facultés parmi les membres du rectorat, à l'exemple de l'équipe transitoire actuelle dirigée par Jacques Weber.

M. Vassalli devra composer sa propre équipe puis la soumettre au Conseil d'Etat. Pour l'instant, seules des personnalités internes sont pressenties, a-t-il précisé. Concernant un futur plus lointain, il n'envisage pas forcément d'accomplir un second mandat, mais souhaite qu'un membre de son équipe puisse lui succéder pour assurer un travail dans la continuité. (ats)

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