Genève: L'Uni en fait-elle trop pour lutter contre le sexisme?
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GenèveL'Uni en fait-elle trop pour lutter contre le sexisme?

L'alma mater multiplie les structures pour répondre aux victimes de harcèlement. Au risque qu'elles doivent multiplier les démarches.

par
Julien Culet/Lucie Fehlbaum
L'université a été touchée par des accusations de sexisme.

L'université a été touchée par des accusations de sexisme.

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Dans la lignée des #balancetonporc et #metoo, l'Université de Genève (Unige) lançait à l'automne dernier le portail #uniunie pour dénoncer les cas de sexisme et de harcèlement sexuel. Outre une campagne de sensibilisation, une adresse mail a aussi été créée. Un dispositif qui s'ajoute à plusieurs autres canaux: médiation RH, pôle de santé sociale, service de santé au travail et le recours plus classique aux ressources humaines et à la hiérarchie.

Une telle accumulation de portes d'entrée est-elle adéquate? «En général, il peut être éprouvant pour des victimes de raconter plusieurs fois le même récit», explique Vasco Dumartheray, directeur du centre LAVI d'aide aux victimes, qui ne se prononce pas sur le cas précis de l'université. A Lausanne, l'Unil indique avoir préféré renforcer les structures déjà existantes plutôt que de les multiplier. Le Bureau de conseil et médiation accompagne et oriente tandis que le Groupe impact de l'Etat de Vaud enquête et mène les procédures formelles.

L'Unige explique que ses canaux sont complémentaires. «Les spécificités du harcèlement sexuel et sexiste nous ont poussés à compléter le dispositif», justifie le porte-parole Marco Cattaneo. Il précise qu'une «réflexion est en cours pour la création d'un numéro d'appel unique qui permettrait de rediriger les appelants vers la structure la mieux adaptée».

Deux spécialistes

Dans le cadre de la campagne #uniunie, l'adresse mail confiance@unige.ch permet aux victimes, témoins et auteurs de s'exprimer. Deux conseillères des HUG en protection de la personnalité leur répondent. S'il est encore trop tôt pour en tirer un bilan, l'université constate que «le service est sollicité et répond donc à un besoin», indique son porte-parole Marco Cattaneo. La campagne avait été mise en place après le lancement d'une enquête suite à des accusations de sexisme et de mobbing au sein de l'Unige.

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