L'UNIL traque le plagiat, les étudiantsprônent la confiance
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L'UNIL traque le plagiat, les étudiantsprônent la confiance

Lausanne – La lutte contre le plagiat pousse-t-elle au flicage des étudiants? Le débat est lancé.

«Il est disproportionné de soupçonner tout le monde quand si peu de cas de plagiat sont avérés», dénonce Damien Hottelier, membre étudiant du Conseil de l'Université. Opposé à l'utilisation systématique des logiciels de détection du plagiat, il a interpellé le Conseil sur cette question, relève L'Auditoire. «Cela brise la relation de confiance qui doit exister entre un étudiant et son Université.» La Faculté des hautes études commerciales (HEC) de l'UNIL utilise cet outil. «Cela protège les étudiants honnêtes», justifie le doyen Suzanne de Treville. «Le copier-coller ne doit pas permette d'obtenir de meilleures notes qu'un travail correct.» Sa collègue Ann Van Ackere partage cet avis. «On peut faire confiance à un doctorant que l'on connait, pas à un auditoire de 350 étudiants!» Le logiciel antiplagiat permettrait de faire face au nombre de candidats. «L'enseignant ne corrige qu'une partie des travaux. Le reste est confié à des assistants, moins expérimentés. Cet outil relève les textes problématiques, qui seront confiés au prof.» Damien Hottelier demande avant tout que l'Université sensibilise les étudiants: «Il est possible de plagier par méconnaissance.» John Antanokis, qui pratique des contrôles sporadiques, le constate: «Quand les étudiants n'ont pas été formés en Suisse, ils n'ont parfois jamais appris à faire de la recherche.» La lutte contre le plagiat n'est pas nouvelle. «L'informatique apporte une aide, mais la plupart des cas se voient à l'œil nu!»

Joël Burri

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