Festival de Cannes: L'univers impitoyable des coulisses de la Croisette
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Festival de CannesL'univers impitoyable des coulisses de la Croisette

Passer ses journées à regarder des films et à interviewer des stars, il y a pire. Mais les conditions de travail tournent parfois au parcours du combattant.

par
Marine Guillain
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Le réalisateur britannique Ken Loach remporte la Palme d'Or pour son film «Moi, Daniel Blake»

Le réalisateur britannique Ken Loach remporte la Palme d'Or pour son film «Moi, Daniel Blake»

AFP/Valery Hache
La montée des marches de la cérémonie de clôture du 69ème Festival de Cannes, le 22 mai 2016

La montée des marches de la cérémonie de clôture du 69ème Festival de Cannes, le 22 mai 2016

AFP/Anne-christine Poujoulat
L'actrice Erin Moriarty

L'actrice Erin Moriarty

AP/Joel Ryan

Tout n'est pas que paillettes pour les reporters qui couvrent le Festival de Cannes. «Je vois en moyenne trois films par jour et je dors quatre heures par nuit. Les interviews ne sont jamais à l'heure et dès qu'un truc se décale, c'est l'effet domino, on est en retard pour le reste. On est épuisés et on entend de plus en plus de gens ronfler dans les salles», prévient une journaliste habituée à couvrir l'événement.

Nous y sommes allés pour la première fois cette année, pour interviewer Ryan Gosling. Le jour J, rendez-vous à l'Hôtel du Cap, un des plus beaux de la Côte d'Azur, paraît-il. Tellement beau que les journalistes sont priés de ne pas s'approcher de l'entrée principale, mais de passer par-derrière. Une fois réunis dans des cabanes reculées, l'attachée de presse du film informe les 25 reporters présents que Ryan Gosling est reparti à Los Angeles. Pas d'explications, pas d'excuses, et pas de réseau pour avertir nos rédactions du changement. Et on ne pouvait pas être avertis avant? Bah non, parce que maintenant que nous sommes tous là, coincés dans ces cabanes à 40 minutes de Cannes, nous n'avons pas d'autre choix que de nous rabattre sur les autres acteurs présents. Et donc de leur assurer la promo du film. Futé.

Nous sommes par groupes de six, avec 15 minutes par interview: 2 minutes 30 chacun réparties équitablement. Sauf que nous ne sommes pas dans un monde équitable, ici. Alors, les plus gonflés mitraillent leurs questions sans se soucier des autres, qui ouvrent et referment la bouche comme des poissons. Une demi-seconde après que le dernier interviewé a levé son séant, trois gus en costard débarquent et nous prient de «quitter rapidement les lieux, s'il vous plaît». Merci pour l'accueil, on reviendra...

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