Actualisé 19.12.2012 à 09:19

Genève

L'Université s'empare de la question des Roms

La faculté de droit lance ce printemps une «law clinic», ou atelier, portant sur les droits des Roms. L'un des objectifs consiste à éditer une brochure destinée à cette population. Réactions.

de
Jérôme Faas
Des Roms encadrés par la police sous le pont des Vernets, à Genève, en 2007.

Des Roms encadrés par la police sous le pont des Vernets, à Genève, en 2007.

Le sujet est brûlant. L'Académie a donc décidé de s'en saisir. Ce printemps, une «law clinic» étudiera le sort des «personnes vulnérables». Au programme de cet atelier destiné aux élèves de master, échanges avec les acteurs du terrain, rédaction d'avis de droit, puis livraison d'un document vulgarisé à l'attention des Roms.

L'Académie «a un rôle à jouer»

«Leur besoin d'obtenir des informations précises sur leurs droits est réel», juge la professeur Maya Hertig, responsable de l'atelier. Leur situation pose en effet «des questions juridiques complexes». Droits des étrangers, droits face à la police, réglementation de l'usage du domaine public: les domaines légaux concernés sont légion. Il apparaît dès lors naturel à l'enseignante que l'Université, «qui a un rôle à jouer dans la vie de la communauté», s'empare du sujet. Maya Hertig espère que le fruit des travaux des étudiants pourra aussi être utilisé par les ONG et les travailleurs sociaux.

La présidente de Mesemrom mise à contribution

Dina Bazarbachi, avocate et présidente de l'association de défense des Roms «Mesemrom», interviendra dans le programme, qu'elle a participé à élaborer après avoir été contactée par l'Université. «L'idée est excellente. Plus que d'un flou juridique, les Roms souffrent d'une méconnaissance totale de leur situation. La brochure les aidera eux, mais aussi les assistants sociaux. J'espère enfin qu'à travers cet atelier, les futurs juristes et avocats seront sensibilisés à la problématique des droits humains.»

Christian Lüscher ne veut «plus de Roms dans la rue»

Le conseiller national PLR Christian Lüscher juge pour sa part «légitime» que l'alma mater s'empare du thème, «actuel et qui pose des questions juridiques importantes». Mais si lui aussi observe «un certain flou» autour de la question, il estime que les Roms en profitent. «Cela leur permet de venir ici sans qu'on puisse les expulser.» L'élu estime que «l'on peut mettre sur pied toutes les law clinics que l'on veut, la solution passe par des lois ayant pour effet qu'il n'y ait plus de Roms dans la rue.»

Ce premier atelier portant sur la thématique locale des droits humains devrait être suivi par d'autres. «Nous envisageons d'autres problématiques, telles que les droits des sans-papiers, les droits des femmes migrantes ou encore les droits face à la police.»

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