Actualisé 25.10.2010 à 19:35

GenèveL'Usine confirme son préavis de grève

L'ultime bastion genevois de la culture alternative reconduit son action initiée samedi dernier. Les soirées prévues le week-end se tiendront désormais à l'extérieur.

von
Irène Languin
L'Usine soutient les lieux de culture qui ont fermé. (Photo: Google)

L'Usine soutient les lieux de culture qui ont fermé. (Photo: Google)

«L'état d'urgence» a été décrété lundi matin. Les permanents de l'Usine ont annoncé qu'ils reconduisaient la grève lancée samedi. Jusqu'à nouvel avis, les fêtards trouveront portes closes à la place des Volontaires les vendredis et samedis soir. «Mais il n'est pas question de lâcher notre public, précise Albane Schlechten, de l'Usine. Nous organiserons les concerts prévus les week-ends à l'extérieur. Sur la place devant nos locaux ou ailleurs dans la rue.»

Le débrayage durera tant que d'autres lieux de culture, même provisoires, n'auront pas ouvert à Genève. «Nous assumons l'entière responsabilité de ce qui pourrait arriver, souligne Jules de Bernis, permanent de l'Usine. Nos salles sont saturées: dehors, c'est souvent l'émeute. Parfois, près de 400 personnes doivent rester devant la porte. Cela devient dangereux pour la foule.»

L'association annonçait, lundi, que les autorités municipales et cantonales seraient averties de ce coup de force. Lequel est déploré par certains magistrats. «Si le but est d'augmenter la pression, c'est réussi, ironise Patrice Mugny. Il n'y a pas de solution à court terme.» Pour le Conseiller administratif à la tête de la culture en Ville de Genève, L'Usine, subventionnée à hauteur de 1,2 million de francs par la municipalité, faillit à sa mission en verrouillant ses portes. Au Canton, la question de la pénurie de locaux est identifiée. Une plateforme de concertation sur les lieux culturels sera d'ailleurs lancée le 18 novembre. «Les préoccupations de L'Usine sont compréhensibles, réagit Pierre-Alain Girard, secrétaire général du Département des constructions et technologies de l'information. Mais on peut regretter qu'elle ne préfère pas en discuter autour d'une table.»

Samedi dernier, le temple alternatif genevois a fermé ses portes pour la première fois. L'association a rejoint son public avec une sono pour défiler dans les rues jusqu'à 4 heures du matin. Les permanents ont été arrêtés par la police à leur retour sur la place des Volontaires, mais ils n'ont pas été emmenés au poste.

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