Votations du 5 juin: L'USS a caché une étude sur le service public
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Votations du 5 juinL'USS a caché une étude sur le service public

L'Union syndicale suisse avait mandaté une étude dans le cadre de l'initiative soumise au peuple le 5 juin. Mais elle n'est jamais sortie, faute de résultats en faveur des opposants.

par
Christine Talos
Les opposants au texte craignent qu'un oui le 5 juin engendre la privatisation notamment de Swisscom. Une étude tend à penser le contraire.

Les opposants au texte craignent qu'un oui le 5 juin engendre la privatisation notamment de Swisscom. Une étude tend à penser le contraire.

photo: Keystone

C'est à chaque votation pareil: opposants et partisans d'un texte soumis au peuple argumentent à coup d'études et d'expertises pour faire basculer l'opinion publique dans leur camp. Mais parfois les enquêtes ne produisent pas les résultats escomptés. C'est le cas de l'USS dans le cadre de l'initiative «En faveur du service public», sur laquelle les Suisses doivent se prononcer le 5 juin et à laquelle l'Union syndicale suisse est opposée.

Le Blick rapporte en effet lundi une étude mandatée en 2013 par l'USS et son président le conseiller aux Etats socialiste Paul Rechsteiner. But: mesurer les conséquences d'un «oui» à la votation. L'étude a bel et bien été effectuée par un expert, en l'occurrence le fils du sénateur biennois Hans Stöckli, elle a été présentée aux représentants de Swisscom, de La Poste et des CFF, mais elle n'a jamais été publiée.

Le contraire des arguments de l'USS

Dans un rapport d'une trentaine de pages, Andreas Stöckli est en effet arrivé à la conclusion qu'un «oui» le 5 juin rendrait la privatisation des entreprises concernées peu attractive et que les subventionnements croisés au sein des entreprises concernées auraient tendance à augmenter.

Hic: c'est exactement le contraire de ce qu'avance l'USS dans son argumentaire pour voter contre l'initiative. Elle affirme en effet qu'une acceptation du texte par le peuple ouvrirait grand la porte à la privatisation, notamment celle de Swisscom, et qu'il ne saurait être question d'interdire les subventionnements croisés car les bénéfices qu'ils engendrent sont réinvestis dans le service public.

L'USS minimise

Andreas Stöckli n'a pas voulu commenter son enquête au Blick. Du côté de l'USS, on tente de minimiser l'affaire. «Je ne partage pas les conclusions de l'étude, notamment le fait qu'un oui pourrait faire baisser le risque de privatisation, note sa secrétaire générale Dore Heim. Cela dépendra beaucoup de la façon dont le Parlement mettra en oeuvre l'initiative», ajoute-t-elle prudemment. Elle précise encore qu'il ne s'agit pas là d'une étude à proprement parler, mais plutôt d'une référence demandée dans le cadre d'une conférence.

Enfin, du côté des initiants, on n'en croit pas ses yeux: «ce que l'USS fait, c'est tromper ses membres et l'électorat», critique vertement Peter Salvisberg, l'un des membres à la tête du texte. Les opposants essaient, selon lui, de combattre l'initiative de toutes les manières possibles.

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