Négociations salariales: L'USS exige une hausse des salaires
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Négociations salarialesL'USS exige une hausse des salaires

L'Union syndicale suisse (USS) demande pour l'année prochaine des hausses des salaires mensuels inscrites entre 80 et 120 francs, ou de 1,5 à 2%.

A l'instar de Travail.Suisse, elle argumente qu'il faut maintenir le pouvoir d'achat des travailleurs pour soutenir la conjoncture.

Si l'économie intérieure ne s'est pas effondrée à ce jour, c'est surtout grâce aux augmentations obtenues l'an passé, estiment les représentants de l'Union syndicale suisse (USS). «De vraies négociations, méritant ce nom, s'imposent donc», a dit son président Paul Rechsteiner jeudi devant la presse à Berne.

Les salariés de Suisse l'ont d'ailleurs bien mérité, puisque deux tiers d'entre eux travaillent dans des entreprises qui ont auront obtenu des résultats bons ou satisfaisants cette année, a souligné Daniel Lampart, économiste en chef de la centrale syndicale.

Résultats encore bons

Plusieurs branches enregistrent des performances au moins satisfaisantes, note l'USS: transports, commerce, communications, construction, administration, éducation, santé, alimentation, industrie pharmaceutique, et même certains secteurs financiers.

Dans le détail, Unia demande une hausse de 120 francs dans la construction, le second oeuvre et les arts et métiers. Dans les industries restant florissantes, il vise 100 francs ou plus.

Quant aux groupes qui reçoivent moins de commandes mais qui disposent de réserves confortables, ils pourraient envisager des hausses comprises entre 80 et 100 francs.

Le secteur tertiaire se porte encore bien dans l'ensemble, à l'image de Coop et Migros. Une hausse de 100 francs constituerait un signal positif. Dans les transports routiers privés, la revendication porte sur 100 francs.

Côté télécoms, Sunrise et Swisscom ont pu dégager des bénéfices semestriels, ce qui encourage le Syndicat de la communication à exiger une augmentation générale des salaires réels de 2%. Même revendication pour La Poste.

Pas de sous-enchère

Et pour l'industrie tournée vers l'exportation qui pâtit lourdement de la conjoncture mondiale, la sous-enchère salariale n'est pas la bonne recette, prévient l'USS.

Dernièrement, des entreprises ont introduit des baisses de salaires pour réduire leurs charges. «C'est non seulement un poison pour la conjoncture, mais aussi une gifle pour les salariés», a commenté Daniel Lampart.

L'économiste juge que la tactique est de toute façon mauvaise. Avec des frais de personnel représentant environ un cinquième des coûts totaux d'une entreprise, une baisse salariale de 10% ferait diminuer ces coûts de seulement 2%, dit-il. Or, un effet de même ampleur peut être obtenu via d'autres facteurs.

D'une part, un franc pas trop fort par rapport aux autres devises permet aux produits suisses de coûter moins cher à l'étranger. Dans cette perspective, la Banque nationale suisse (BNS) doit poursuivre sa politique monétaire visant à empêcher le franc de s'apprécier.

D'autre part, le prix de l'électricité a grimpé pour beaucoup de grandes entreprises depuis l'ouverture du marché, déplore l'USS. Si le gouvernement et le parlement revenaient en arrière, les prix retrouveraient leur niveau antérieur, entraînant une baisse des coûts totaux de l'entreprise de 1 à 2%, selon Daniel Lampart.

(ats)

Travailler moins

Le personnel de la fonction publique réclame surtout un allègement du temps de travail pour l'an prochain. Les tâches augmentent sans cesse dans la santé, le social, l'éducation, la maintenance de l'infrastructure, les transports publics ou encore la sécurité.

«Les services publics, eux, ne connaissent pas de problème d'écoulement. Au contraire, les carnets de commandes sont pleins à craquer», a souligné Judith Bucher, secrétaire générale adjoint du Syndicat suisse des services publics (ssp).

C'est donc précisément maintenant qu'il faut créer des emplois dans la fonction publique. Dans la santé en particulier, une offensive massive au niveau de la formation serait bienvenue pour faire face aux besoins de la population. La mesure aurait aussi l'avantage de dessiner une perspective professionnelle de plus pour les jeunes.

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