Genève: L'utilisation du Taser est à nouveau remise en cause
Actualisé

GenèveL'utilisation du Taser est à nouveau remise en cause

Les récentes déclarations du fabriquant poussent la gauche
à demander une mesure d'urgence au Parlement.

par
Valérie Duby

«On savait déjà, via Amnesty International, que le taser était dangereux, constate Mathilde Captyn des Verts. Mais son fabriquant a récemment reconnu que cette arme pouvait provoquer un risque cardiaque.» La députée a donc proposé que le sujet soit de toute urgence remis sur le tapis. Cela avait déjà abordé en mai dernier, soit un mois après que la police a été équipée de trois tasers X26.

Au vu de ces dernières révélations, des élus de gauche ont décidé de demander l'urgence. Les auteurs de la proposition invitent le gouvernement à décréter un moratoire sur l'utilisation du pistolet électrique. «Il faut pouvoir évaluer son maniement et ses conséquences», poursuit Mathilde Captyn qui souhaite un débat parlementaire.

A la police genevoise, rien ne va changer. Les trois tasers restent d'actualité. Dans une interview réalisée sur le site de Taser France, la cheffe de la police, Monica Bonfanti, rappelle que 80% des polices cantonales et municipales d'une certaine importance en sont dotées. «Sur le plan statistique, on remarque finalement qu'il est peu utilisé. Son effet dissuasif est important», ajoute celle qui est experte en balistique.

Depuis qu'ils sont en possession de l'arme, les membres de la Brigade d'intervention ne l'ont jamais utilisée. Les conditions d'utilisation sont extrêmement strictes (forcené, personne suicidaire). «Tellement strictes, conclut Mathilde Captyn, que l'on se demande si le Taser est vraiment utile!»

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