Actualisé 20.05.2016 à 19:06

Nigéria

La 2e rescapée ne fait pas partie des 219 lycéennes

On pensait que la jeune femme enlevée aux mains de Boko Haram faisait partie du groupe des lycéennes disparues en avril 2014.

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Alors que les militaires nigérians ont affirmé que Boko Haram était vaincu, le chef de la secte islamiste est apparu dans une vidéo se disant déterminé à poursuivre le combat. (Mardi 6 février 2018)

Alors que les militaires nigérians ont affirmé que Boko Haram était vaincu, le chef de la secte islamiste est apparu dans une vidéo se disant déterminé à poursuivre le combat. (Mardi 6 février 2018)

AFP
La rébellion de Boko Haram, qui dure depuis huit ans, a provoqué la mort de quelque 20'000 personnes, le déplacement de 2,6 millions d'autres et une terrible crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. (Photo d'archives)

La rébellion de Boko Haram, qui dure depuis huit ans, a provoqué la mort de quelque 20'000 personnes, le déplacement de 2,6 millions d'autres et une terrible crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. (Photo d'archives)

AFP
Boko Haram a enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village situé au nord de Diffa (ici à l'image) dans le  sud-est du Niger. (Mardi 4 juillet 2017)

Boko Haram a enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village situé au nord de Diffa (ici à l'image) dans le sud-est du Niger. (Mardi 4 juillet 2017)

AFP

Le mouvement «Bring back our girls» (BBOG) a estimé vendredi que la Nigériane présentée par l'armée comme une seconde rescapée du lycée de Chibok y avait bien étudié. Elle n'avait en revanche pas été enlevée avec les 219 autres il y a plus de deux ans.

Le porte-parole de l'armée nigériane, le colonel Sani Usman, avait annoncé jeudi soir que l'armée avait secouru dans la journée 97 femmes et enfants, lors d'une opération contre les islamistes de Boko Haram vers Damboa, dans le nord-est du Nigeria.

Hésitations

Parmi ces victimes, a expliqué le porte-parole de l'armée, se trouve une Nigériane présentée comme une seconde rescapée de Chibok, après la découverte mardi d'une première rescapée par l'armée et des miliciens.

Mais Yakubu Nkeki, le président de l'association des parents des otages de Chibok, est formel: elle «ne fait pas partie» de la liste des 219 filles portées disparues depuis leur enlèvement par les islamistes dans le lycée public pour filles de Chibok le 14 avril 2014.

Une source militaire de haut rang a cependant maintenu que la jeune fille était bien une des 219 lycéennes de Chibok.

Kidnappée dans sa maison

A son tour, Sesugh Akume, le porte-parole de BBOG, le mouvement qui milite pour leur libération, a estimé que cette jeune fille était bien une élève du lycée de Chibok, mais qu'elle ne se trouvait pas dans la même classe que les filles enlevées le 14 avril.

«Elle était en SS1 à Chibok et elle a été kidnappée par les insurgés dans sa maison, à Madagali», à quelque 150 km de là, dans l'Etat voisin d'Adamawa, a-t-il expliqué, sans préciser à quelle date. Le SS1 est l'équivalent de la classe de seconde en France. Or les 219 lycéennes se trouvaient en SS3, l'équivalent de la terminale.

Besoin de soins

A peine quelques heures avant cette annonce, le président nigérian Muhammadu Buhari avait considéré que la découverte mardi de la première rescapée de Chibok offrait «de nouveaux espoirs» et «une opportunité unique en termes d'informations vitales» sur les autres captives.

Cette rescapée a été transportée jeudi avec sa mère et son bébé à Abuja, la capitale, par avion, pour y rencontrer Muhammadu Buhari. Les deux femmes, qui se sont couvert la tête d'un foulard pour tenter d'échapper aux médias, ont ensuite été largement photographiées avec le président.

Muhammadu Buhari, au pouvoir depuis un an, a fait de la lutte contre Boko Haram - dont l'insurrection a fait plus de 20'000 morts depuis 2009 - une des priorités de son mandat.

Pour Mausi Segun, chercheur pour Human Rights Watch (HWR) au Nigeria, cependant, les premiers jours de liberté de la rescapée auraient dû être consacrés à sa santé mentale et à celle de sa fille, «avant qu'on ne se mette à faire tourner les caméras et qu'on ne tire des bénéfices politiques de sa découverte».

Tsambido Hosea Abana, qui dirige à Abuja une communauté de personnes originaires de Chibok, a lui aussi accusé le gouvernement de «traiter Amina comme un objet», dans un communiqué diffusé jeudi. «Il s'agit d'une jeune femme traumatisée, qui a besoin de soins dans l'immédiat et pas de tout ce cirque médiatique», y a-t-il poursuivi. (nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

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