Tennis: La 30e déchirure des sœurs Williams

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TennisLa 30e déchirure des sœurs Williams

Vingt ans après leur première finale, les frangines se retrouvent pour un duel qui fascine New York. Et les torture.

par
Mathieu Aeschmann
New York
Pour Venus (à g.) et Serena, ici à lOpen dAutralie en 2017, saffronter est un crève-cur.

Pour Venus (à g.) et Serena, ici à lOpen dAutralie en 2017, saffronter est un crève-cur.

Recep Sakar

C'est un 3e tour qui vaut toutes les finales. Trente titres du Grand Chelem, deux décennies de fascination, huit médailles d'or olympiques, Serena et Venus Williams ont rendez-vous la nuit prochaine pour écrire le 30e chapitre d'une histoire qui les dépasse (17-12). Celle de deux gamines de Compton qui ont redéfini la notion de confiance en soi dans le sport professionnel.

«C'est toi à l'US Open, c'est toi. Et tu sors un mouvement de service parfait.» Serena n'a que 9 ans lorsque son père Richard prononce ces paroles, exploitées par Nike dans la pub phare de la quinzaine. Le flash-back résume tout: force de conviction, positivisme, don physiologique.

Presque trente ans plus tard, rien n'est démodé. Venus est devenue une légende du circuit, Serena la plus grande joueuse de tous les temps. A 38 ans, la première est une rescapée, une forme d'autorité morale insondable. Tout le contraire de sa cadette, icône marketing et maman à la générosité presque exhibitionniste.

Face au monde qui les entoure et les admire, tout sépare les sœurs Williams. Tout, sauf ce rêve de triompher une fois de plus à New York, les incertitudes qui planent sur leur niveau de jeu et cette déchirure intime de devoir s'affronter. «Si on avait pu faire carrière sans se jouer, j'aurais signé tout de suite, soupire Serena. Le plus dur, c'est que je ne peux pas m'encourager contre Venus. Je dois la battre alors que je veux qu'elle gagne.» De cette impasse émotionnelle naît rarement un chef-d'œuvre. Peu importe, le mythe n'en a pas besoin.

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