Téléphonie: La 5G pour piloter les voitures autonomes
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TéléphonieLa 5G pour piloter les voitures autonomes

Avant de pouvoir observer des véhicules autonomes sur les routes, il faudra que les opérateurs de télécommunications aient adopté la prochaine génération de réseaux mobiles.

La cinquième génération de réseaux mobiles contribuera à une augmentation des débits.

La cinquième génération de réseaux mobiles contribuera à une augmentation des débits.

photo: AFP

Succédant à l'actuelle norme LTE, le futur standard 5G offrira des débits encore accrus et un temps de réaction réduit pour les voitures de l'avenir.

Sur les réseaux mobiles LTE ou 4G, le temps de latence atteint entre 30 et 40 millisecondes. Celui de la prochaine génération se limitera à seulement 1 milliseconde, a expliqué Zhu Peiying, une spécialiste des réseaux de l'équipementier chinoiis en télécommunications Huawei dans le cadre de la journée de l'innovation du groupe à Paris. Ainsi, l'ordre d'un freinage pour un véhicule autonome peut être transmis en temps réel, alors que la 4G est encore trop lente.

Les actuels véhicules autonomes roulent indépendamment les uns des autres, a relevé David Ewalt, du magazine économique «Forbes»: «dans chaque voiture, l'ordinateur de bord analyse le trafic». Il s'agit certes d'une technologie grandiose, mais il serait beaucoup plus intéressant que les automobiles forment un réseau.

Ainsi, tous les véhicules en circulation disposeraient d'une actualisation permanente du trafic et pourraient réagir rapidement à un danger ou une perturbation. Une voiture impliquée dans un accident pourrait avertir les autres usagers de la route ainsi qu'une centrale d'alarme. «Avec les réseaux mobiles 5G une voiture autonome et connectée ne freine pas en retard en raison de débits insuffisants», a noté M. Ewalt.

Coup d'accélérateur pour l'internet des objets

Les réseaux 5G ne bénéficieront d'ailleurs pas seulement aux véhicules autonomes. Ils permettront d'accroître le nombre de connexions à internet jusqu'à 1 million par kilomètre carré, soit 100 fois plus qu'actuellement.

Ces réseaux du futur viendront également donner un coup de fouet à l'internet des objets, comme par exemple des boîtes de médicaments intelligentes qui peuvent informer le personnel soignant de la prise des remèdes par les patients, mais aussi des appareils électroménagers, des installations de chauffage et de climatisation ou encore des robots et moteurs industriels.

Une évolution qui devrait aussi se traduire par l'irruption de nouveaux modèles d'affaires, des processus de fabrication et de services inédits. Selon les estimations d'Huawei, plus de 100 milliards d'appareils connectés pourraient être en service d'ici 2025.

En 2020 au plus tôt

La cinquième génération de réseaux mobiles contribuera évidemment à une augmentation des débits. Ces derniers pourraient atteindre jusqu'à un maximum de 10 Gigabits par seconde, soit 33 fois plus qu'aujourd'hui, la bande passante maximale se situant à 300 Megabits par seconde.

Mais la 5G ne représente pas seulement une évolution du standard précédent. Il s'agit d'une nouvelle infrastructure pour un monde connecté et intelligent, s'enthousiasme M. Ewalt, auteur d'une étude sur la question financée par l'équipementier chinois. Ces nouveaux réseaux viendront soutenir comme jamais la croissance économique, poursuit-il.

Mais il faudra tout de même attendre cinq à dix ans avant de pouvoir vérifier les projections de M. Ewalt. Si tout le monde parle de la 5G, peu l'ont déjà vue, la norme n'étant pas encore définitivement arrêtée. Il faudra que les fabricants de dispositifs connectés et de smartphones s'accordent sur une technologie commune.

Une évolution contraire représenterait un retour en arrière de 20 ans, époque à laquelle les téléphones portables commercialisés en Europe se retrouvaient à l'état de briques lorsque leurs propriétaires les emportaient en Amérique ou en Asie. Dans une telle situation, l'internet des objets prendrait des allures d'Emmental.

Pour l'heure, les deux principaux équipementiers en télécommunications, Huawei et le Suédois Ericsson, tablent sur un lancement de la 5G en 2020. Ensuite, la balle sera dans le camp des opérateurs et là, rien n'a encore filtré. Ainsi en Suisse, ni Swisscom, pas plus que Sunrise et Salt n'ont jusqu'à présent fait part d'une date. (ats)

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