Actualisé 09.01.2009 à 15:12

Industrie

La Banque Centrale Européenne sous pression

La production industrielle européenne s'est effondrée au mois de novembre.

Sa chute confirme une aggravation de la récession, qui devrait pousser les banques centrales à réduire encore leurs taux d'intérêt.

De la Suède à l'Espagne en passant par la France et l'Allemagne, les statistiques se sont succédé vendredi pour témoigner de l'ampleur de l'effondrement de l'industrie sur le Vieux Continent après l'onde de choc provoquée en septembre par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

En Allemagne, première puissance européenne, la production industrielle a plongé de 10% par rapport à novembre 2007, du jamais vu depuis 1993. La France et l'Espagne ont subi des baisses historiques de respectivement 9% et 15,1% sur un an.

Prise à contre-pied par la sévérité de la crise, la Banque centrale européenne (BCE), qui avait encore relevé son taux directeur l'été dernier, devrait le réduire une quatrième fois jeudi prochain pour le ramener à un plus bas record de 2%.

«Par la suite, nous pensons que la BCE fera descendre ses taux jusqu'à 1,0% dans le courant du premier semestre en réponse à la récession,» prédit Howard Archer, économiste Europe au cabinet d'analyse Global Insight.

La Banque d'Angleterre a déjà agi

La Banque d'Angleterre, qui avait aussi attendu octobre pour dégainer l'arme des taux, a réduit jeudi une nouvelle fois son taux directeur à 1,5%, un niveau sans précédent, et devrait encore appuyer sur la détente le mois prochain.

La production industrielle du Royaume-Uni a chuté de 7,4% en novembre sur un an, une baisse sans équivalent depuis 1981 et la grande crise industrielle qui avait emporté sa filière automobile et ses bassins miniers.

En Suède, la production industrielle a accusé une baisse annuelle de 11,9% en septembre. Là aussi la banque centrale se prépare à de nouvelles baisses de taux.

Remèdes encore inefficaces

A ce jour, les baisses de taux, pas plus que les injections de liquidités ou les plans de relance, n'ont empêché les économies de se contracter violemment, entraînant des destructions d'emplois par centaines de milliers.

De source gouvernementale allemande, on dit craindre une contraction allant jusqu'à 2% de la première économie européenne au dernier trimestre 2008.

«La crise financière a mis l'industrie allemande en état de choc,» affirme Carsten Brzeksi, économiste chez ING Financial Markets. «En termes de croissance économique, le quatrième trimestre 2008 devrait rester dans l'histoire comme le plus mauvais qu'on n'ait jamais connu.»

Au Royaume-Uni, les économistes s'attendent à une baisse de l'ordre de 1,5% du produit intérieur brut (PIB) en octobre - décembre, après un recul de 0,6% au troisième trimestre, ce qui marquerait son entrée en récession pour la première fois depuis 1992. En France, le consensus tourne autour de -1%, après une croissance symbolique de 0,1% au troisième trimestre.

L'automobile en première ligne

La faiblesse de l'industrie se concentre surtout sur le secteur automobile, dont la production a encore chuté de 8,1% en France en novembre après un plongeon de 22,2% en octobre, sur fond de fermetures temporaires d'usines pour réduire les stocks.

La publication de la statistique a d'ailleurs coïncidé avec l'annonce, par Renault, d'une baisse de 4,2% de ses ventes mondiales en 2008.

Tous les grands constructeurs pâtissent de la prudence des consommateurs inquiets pour leur emploi et du durcissement des conditions de crédit. BMW a ainsi aussi fait état vendredi d'une chute de 26,4% de ses ventes en décembre, et de 4,3% sur l'ensemble de 2008.

Au Royaume-Uni, le constructeur japonais Nissan a annoncé jeudi 1200 suppressions d'emplois en réponse à la baisse de ses ventes ces derniers mois.

(ats)

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