Politique monétaire: La Banque du Japon opte pour le statu quo
Actualisé

Politique monétaireLa Banque du Japon opte pour le statu quo

La banque centrale du Japon (BoJ) a reconduit mercredi à l'identique son programme de rachat d'actifs, jugeant que le temps n'était pas encore venu d'un nouvel assouplissement malgré les difficultés de l'économie à se redresser.

Deux jours après la publication des chiffres du produit intérieur brut (PIB) du quatrième trimestre 2014, qui ont révélé un bien timide rebond ( 0,6% par rapport au trimestre précédent), la BoJ persiste dans son optimisme et maintient son diagnostic sur une «reprise modérée», même si l'inflation marque le pas.

Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion de deux jours de son comité de politique monétaire, la banque centrale estime désormais que les prix progressent en moyenne de 0,5%, alors qu'elle évaluait auparavant la hausse autour de 0,5%-1%. Et elle prédit un nouveau ralentissement à court terme, «reflet du déclin des prix de l'énergie».

La dégringolade des prix de l'or noir complique en effet la tâche de la BoJ qui a dû baisser en janvier sa prévision pour la période d'avril 2015 à mars 2016, tablant désormais sur 1% seulement, loin de son objectif ultime de 2%.

Mis à part ce petit bémol, l'institution énumère une série d'éléments positifs: une reprise des exportations et de la production industrielle, des entreprises qui affichent des bénéfices solides ou encore une consommation des ménages qui se redresse, bien que timidement «en certains endroits».

Forte de cette analyse positive, la BoJ a décidé de ne pas adopter de mesures supplémentaires pour l'heure - un statu quo largement anticipé par les économistes - et a choisi, par huit voix contre une, de conserver en l'état son programme de rachat d'actifs qui avait été étendu le 31 octobre.

Lutte contre la déflation

Elle avait alors opté pour une augmentation de la base monétaire de 80'000 milliards de yens (environ 630 milliards de francs) par an, contre 60 à 70'000 milliards auparavant, pour tenter de relancer une économie tombée en récession à la suite d'un relèvement de la taxe sur la consommation, passée le 1er avril 2014 de 5% à 8%.

Pour Marcel Thieliant de Capital Economics, la BoJ est trop confiante. En janvier, elle avait même revu à la hausse son estimation de croissance, tablant désormais sur 2,1% pour l'exercice 2015-2016.

Les prix risquent de tomber en terrain négatif au second trimestre, prévient-il. «Or le gouverneur Haruhiko Kuroda a insisté à plusieurs reprises sur la détermination de la BoJ à atteindre 2% d'inflation, un élément clé dans la lutte contre l'état d'esprit déflationniste qui mine le Japon depuis des années.»

Dans ces conditions, «la banque devrait annoncer de nouvelles dispositions fin avril et élever le rythme annuel d'expansion de la base monétaire à 90'000 milliards», estime M. Thieliant. (ats)

Ton opinion