La Banque mondiale s'engage contre la crise alimentaire
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La Banque mondiale s'engage contre la crise alimentaire

La Banque mondiale (BM) va dégager une enveloppe de 1,2 milliard de dollars pour lutter contre la crise alimentaire.

200 millions seront sous forme de dons et bénéficieront notamment à Djibouti, Haïti et au Liberia, a annoncé jeudi son président, Robert Zoellick.

«La flambée des prix des denrées alimentaires risque d'aboutir à ce que les individus formant la frange la plus pauvre de la planète ne soient plus un mais deux milliards», a souligné M. Zoellick, pour expliquer cette mesure approuvée un peu plus tôt par le conseil d'administration de l'institution multilatérale.

Ces financements, dont l'octroi pourra être décidé rapidement grâce à un mécanisme d'approbation accéléré, seront puisés dans les caisses de l'Association internationale de développement (AID), la branche de la BM qui aide les plus pauvres, et celles de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), qui prête aux pays émergents.

Programmes sociaux

Ils sont destinés à soutenir des programmes sociaux dits de «filet de sécurité», comme les cantines scolaires ou l'échange de travail contre nourriture, par opposition à l'aide d'urgence.

M. Zoellick n'a pas précisé quelle part de cette somme aurait de toute façon été affectée à des programmes de ce type, et quelle proportion constitue véritablement un surcroît d'engagement de la Banque.

«Ce qui est certain, c'est qu'il y a 200 millions de dollars supplémentaires qui n'auraient pas été dépensés et que nous consacrerons à des dons», a-t-il dit, faisant allusion à la partie la plus novatrice du dispositif, à savoir la constitution d'un fonds fiduciaire qui servira à verser des dons de 10 millions de dollars maximum aux pays les plus touchés par la crise.

Fonds multilatéral

Ce fonds sera financé grâce aux bénéfices de la BIRD, donc sur les revenus propres de la Banque, est-il précisé dans un communiqué. Trois pays se sont d'ores et déjà vu octroyer un tel financement qu'ils pourront consacrer à l'achat d'aliments, de semences et d'engrais ou à la compensation du manque à gagner fiscal dû à la crise.

Il s'agit de Djibouti (5 millions de dollars), de Haïti (10 millions) et du Liberia (10 millions). D'autres devraient suivre, selon la Banque: le Togo, le Yemen et le Tadjikistan.

L'institution a enfin annoncé la création d'un autre fonds multilatéral, consacré au financement des soutiens à la production agricole (semences, engrais).

(ats)

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