Actualisé 02.10.2008 à 19:03

AG extraordinaire de l'UBS

La banque optimiste sur sa santé

L'UBS a livré, lors d'une assemblée générale extraordinaire jeudi à Bâle, un bulletin de santé plutôt favorable quant à son rétablissement.

Elle prévoit de dégager un «faible» bénéfice au 3e trimestre 2008 et de renouer modestement avec les bénéfices l'an prochain.

Dans son message aux 2400 actionnaires présents, le président de l'UBS Peter Kurer s'est voulu rassurant. Outre le retour dans le noir entre juillet et septembre, après quatre trimestres consécutifs dans le rouge (et 22 milliards de francs de pertes cumulées), il a indiqué que l'UBS avait «fortement» réduit son exposition au marché hypothécaire américain.

Ces prévisions se fondent toutefois encore sur des estimations, a précisé le successeur de Marcel Ospel. Le redressement de la première banque suisse intervient en effet dans un contexte de grande volatilité sur les marchés financiers, toujours suspendus au feu vert du Congrès américain à un plan de sauvetage du secteur.

Rétablir la réputation

Au vu de la tempête des trois dernières semaines, «l'UBS a su manoeuvrer habilement à travers ces écueils», a relevé Peter Kurer. Depuis un an, la banque a notamment réduit son bilan consolidé de 500 milliards de francs pour le ramener à 2000 milliards.

En fonction depuis avril, Peter Kurer a répété que l'UBS figurait parmi les banques les mieux capitalisées. Au-delà, il a insisté sur la nécessité de fidéliser une clientèle, pour le moins en perte de confiance. «Nous voulons entièrement rétablir notre réputation d'ici fin 2010.»

Et dans la perspective d'un retour à la rentabilité, Peter Kurer a même évoqué la possibilité de verser à nouveau un dividende dès 2010. Il a en revanche affirmé que l'ancien président Marcel Ospel ne recevrait aucune indemnité de départ.

L'actuel président en a profité pour faire le point sur la réorganisation de l'UBS. Il a dit que la révision stratégique annoncée en août était achevée, avec la création de trois divisions autonomes, dotées d'une autorité et d'une responsabilité opérationnelles accrues.

Tirer les leçons de la crise

L'UBS a entamé sur cette base un «programme du changement en vue de se repositionner». Elle affirme avoir mis au point un train de mesures correctives en vue de tirer les leçons de la crise du crédit venue des Etats-Unis, en particulier dans la manière d'établir et d'attribuer la capacité et la gestion du risque.

L'annonce d'un «faible» bénéfice au 3e trimestre 2008 contredit quelque peu les analystes, dont certains attendaient une perte de l'ordre du demi-milliard de francs. Du coup, la perspective a réjoui la Bourse suisse, où l'action UBS bondissait de plus de 11% vers 15h50, dans un marché en hausse de 0,8%.

Selon les intervenants, un «faible» bénéfice signifie que de nouvelles corrections de valeurs ont certes été effectuées, pour un montant estimé entre 1 et 3 milliards de dollars, mais inférieur aux 2 à 5 milliards craints. Les comptes de l'UBS au 3e trimestre seront publiés le 4 novembre.

Quatre administrateurs

Après le discours de Peter Kurer, les actionnaires ont élu les quatre nouveaux membres proposés pour le conseil d'administration, dans le but d'accroître la compétence de ce dernier. Parmi eux Bruno Gehrig, président de Swiss Life et ancien vice-président de la Banque nationale suisse. Il passe pour être un excellent communicateur et affiche une longue pratique du secteur bancaire.

Les actionnaires ont aussi élu l'Américaine Sally Bott, membre de la direction du groupe pétrolier britannique BP, Rainer-Marc Frey, président de la société spécialisée dans les firmes non cotées Horizon21, et l'Américain William Parrett, patron jusqu'en 2007 de Deloitte Touche Tohmatsu. Ils ont accepté d'adapter les statuts à la nouvelle Corporate Governance avec effet rétroactif au 1er juillet.

(ats)

23 clients touchés par les produits structurés de Lehman en Suisse

L'UBS possède des produits structurés d'autres banques dans les dépôts de ses clients, mais un petit nombre seulement émis par Lehman Brothers, a indiqué le patron de l'UBS, Marcel Rohner, en réponse à la question d'un actionnaire.

Du reste, en Suisse, ils ne sont que 23 dans ce cas, a ensuite précisé le président du conseil d'administration Peter Kurer, jeudi lors de l'assemblée générale extraordinaire à Bâle. Et peu de plaintes de clients ont été enregistrées jusqu'à présent.

Pour ces derniers cas, la grande banque examinera de quelle manière ces produits sont arrivés dans ces dépôts, a assuré Marcel Rohner. L'UBS demande à ses conseillers d'expliquer les risques aux clients.

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