Actualisé 24.10.2014 à 12:02

Zurich

La banque Safra Sarasin perquisitionnée

La police a perquisitionné jeudi les locaux de la banque privée suisse, à la demande des autorités judiciaires allemandes, qui enquêtent sur un cas d'escroquerie fiscale.

L'information, révélée vendredi par le «Tages-Anzeiger» et le «Bund», a été confirmée à l'ats par Marcel Strassburger, responsable de l'entraide judiciaire au sein du Ministère public de Zurich. Des perquisitions ont eu lieu dans pas moins de sept cantons, soit les deux Bâles, les Grisons, St-Gall, Schwyz, Zurich et Zoug.

Des dizaines de policiers et de procureurs ont été engagés dans les perquisitions qui ont concerné une vingtaine de locaux. Selon les premiers éléments de l'enquête, la justice allemande soupçonne une trentaine de personnes d'avoir réussi à se procurer 462 millions d'euros (557 millions de francs) de manière illégale.

Opérations complexes

Par le passé, la Suisse a souvent rejeté les demandes d'entraide judiciaire allemande. Le Ministère public de Zurich y a répondu cette fois-ci favorablement, car il s'agit d'un cas d'escroquerie fiscale. Les conditions de l'entraide sont ainsi remplies, a précisé Marcel Strassburger.

L'affaire fait les gros titres de la presse allemande depuis des mois. L'enquête est menée par le Ministère public de Cologne, qui s'intéresse à des opérations complexes appelées «cum-ex», qui permettent de demander deux fois le remboursement d'impôts anticipés versés une seule fois.

Coopération de la banque

Safra Sarasin a, selon les accusés, recommandé pendant des années aux clients fortunés d'investir dans des fonds qui opéraient de la sorte. Les clients, qui estiment avoir été trompés, ont porté plainte. Parmi eux figurent notamment l'homme d'affaires Carsten Maschmeyer et Erwin Müller, propriétaire de la chaîne de pharmacies éponyme.

Les activités incriminées remontent à la période où Sarasin était contrôlé par le groupe néerlandais Rabobank. L'établissement, dont le siège se trouve à Bâle, appartient depuis 2011 au brésilien Safra. A aucun moment, Safra Sarasin n'a placé ou exploité les produits «cum-ex», a affirmé à l'ats la banque. Cette dernière ajoute qu'elle coopère pleinement à l'enquête. (ats/afp)

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