Actualisé 15.09.2007 à 16:59

La banquise en voie de disparition

La banquise dans l'Arctique recule inexorablement.La fonte des glaces atteint en effet son niveau le plus bas, ce qui pourrait avoir pour effet d'augmenter à terme le trafic maritime à travers le passage du Nord-Ouest, qui relie l'Atlantique au Pacifique via le nord du Canada, rapporte l'Agence spatiale européenne (ESA).

Cette semaine, après avoir examiné des images satellites, l'ESA a constaté que la calotte glaciaire arctique n'avait jamais été aussi mince depuis que les scientifiques ont commencé à collecter des informations sur ce sujet en 1978, selon un communiqué publié sur son site Internet.

De nombreux experts pensent que le réchauffement climatique est responsable de la fonte des glaces dans cette région. Ce phénomène pourrait toutefois bénéficier à la navigation commerciale dans cette région, au grand dam des écologistes. Grâce à ce passage, les navires allant d'Europe vers l'Asie pourraient gagner des milliers de kilomètres de trajet, par rapport aux itinéraires actuels passant par le canal de Panama.

La couche de glace couvre désormais trois millions de kilomètres carrés dans cette région, selon Leif Toudal Pedersen du Centre spatial danois. Selon l'ESA, en 2005, cette couche s'étendait sur quatre millions de km2. «Au cours des dix dernières années, il y a eu une réduction de la couche de glace d'environ 100.000 km2 par an en moyenne, une baisse d'un million de km2 en seulement un an est donc extrême», souligne-t-il sur le site de l'ESA.

Les niveaux de glace dans l'Arctique augmentent et diminuent selon les saisons, ce qui permet seulement pendant une courte période de l'année un passage entre l'Europe et l'Asie par le nord du Canada. Depuis longtemps, les explorateurs et surtout les marchands rêvent de pouvoir profiter d'une ouverture permanente de cette voie maritime.

Mais les écologistes craignent que l'augmentation du trafic maritime et les efforts engagés pour exploiter les ressources naturelles dans cette zone puissent, à terme, provoquer des marées noires et abîmer la faune et la flore.

Selon M. Pedersen, le recul de la banquise a été tel cette année que le passage, navigable en été, pourrait ouvrir toute l'année et ce plus tôt que ce que les scientifiques prévoyaient. L'ESA n'a pas précisé quand cela pourrait se produire.

Claes Ragner, chercheur à l'Institut Fridtjof Nansen en Norvège, pense que même si le passage est ouvert et que la calotte glaciaire continue de fondre, il faudra des années avant que de telles voies deviennent facilement navigables. «La fonte a été extrême cette année», a-t-il reconnu. «Mais il y a beaucoup de variations d'une année à l'autre (...) Ce ne sera pas une route stable toute l'année», a-t-il estimé.

Les niveaux de glace se réduisant, certains pays -dont les Etats-Unis et le Canada- s'intéressent de très près à ce passage, situé dans une région qui pourrait être riche en pétrole.

Dans l'Arctique, chaque hiver, la surface de la glace augmente naturellement, et elle diminue chaque été. Mais selon l'ESA, la réduction de la couche s'est bel et bien accélérée depuis 1978, année depuis laquelle des images satellites sont disponibles pour constater ce changement.

Sur le Net: www.esa.int/esaCP/SEMYTC13J6F_index_0.html (ap)

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