On a testé: La barre de son de Sonos bridée par le contenu
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On a testé
La barre de son de Sonos bridée par le contenu

Le spécialiste américain du multiroom a conçu un appareil de bonne facture compatible avec la norme audio Dolby Atmos au contenu encore trop rare.

par
Laurent Favre
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Sonos Arc.
Sonos Arc.

La barre Sonos Arc du fabricant basé à Santa Barbara.

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La barre est en vente pour 999 francs, avec un caisson de basses Sub 3 en option pour quelque 900 francs.

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Vue de profil de la Sonos Arc.

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Les barres de son apportent indéniablement un plus aux téléviseurs. Pour une centaine de francs, elles peuvent déjà améliorer leur qualité sonore. Mais les plus perfectionnées ont pour ambition de transformer le salon en un véritable home cinéma de type 2.1, 3.1, 5.1, 7.1, 9.1, voire 9.1.4 pour le modèle HW-Q950T de Samsung. Le premier chiffre se réfère au nombre de canaux, le second au caisson de basses et le troisième à celui d’enceintes simulées au plafond. Les barres de son permettent de faire l’économie de haut-parleurs, voire de câbles placés aux quatre coins de la pièce si l’on se réfère au home cinéma traditionnel.

C’est le cas de la barre Sonos Arc que nous avons testée sans caisson de basses en la branchant sur un téléviseur Sony et en la gérant depuis l’app Sonos S2 d’un smartphone Android. On s’est notamment servi de la version Blu-ray 4K Ultra HD du film «Spiderman: Far From Home», lu via une console Xbox One elle-même branchée sur une box Swisscom.

Installation 5.0.2

Remplaçante de la Playbar, la Sonos Arc est la nouvelle référence du spécialiste américain du multiroom sans fil avec la compatibilité au Dolby Atmos. Cette technologie offre au spectateur un rendu sonore en 3D avec une localisation précise d’objets statiques et en mouvement. Pour y parvenir, la Sonos Arc intègre 11 amplificateurs avec chacun leur haut-parleur dédié pour la reproduction horizontale et verticale des bandes-son Dolby Atmos. Dans cette installation 5.0.2 canaux, il y a 8 woofers (2 orientés vers le plafond), 3 tweeters chacun associé à un amplificateur de classe D. Le fabricant a par contre passé sous silence toute référence relative à leur puissance.

Écoute agréable

On ne se croit pas au cinéma, mais l’ambiance sonore de notre Blu-ray «Spiderman» est bien restituée dans l’espace. Les actions qui se succèdent à l’écran sont bien complétées par leur accompagnement sonore réparti dans l’espace tridimensionnel. On remarque surtout les effets dans la profondeur entre l’écran et soi-même, beaucoup moins ailleurs. C’est certainement aussi en raison de l’absence de la calibration Trueplay avec l’application Android. Cette technologie adapte le son via l’analyse de l’acoustique de la pièce faite à l’aide du microphone de l’iPhone.

L’écoute ordinaire des programmes de télévision se révèle agréable et bien équilibrée. On est moins convaincu de l’écoute des morceaux de musique en streaming. Avec les limites propres aux barres de son, la Sonos Arc ne peut pas rivaliser avec une installation Hi-Fi.

Pas n’importe quelle prise HDMI

La Sonos Arc se connecte au téléviseur par une prise HDMI ARC (Audio Return Channel, soit canal audio retour). Cette prise permet de faire l’économie du branchement d’un câble audio supplémentaire qui avait cours jusqu’alors, en véhiculant à la fois l’image et le son.
Mais pour exploiter son plein potentiel, la Sonos Arc nécessite en plus d’être branchée à un téléviseur muni comme elle de la nouvelle évolution de la prise ARC, l’eARC (Enhanced ARC). Les premiers appareils équipés n’ont commencé à être commercialisés pour le grand public que mi-2019…

Fichiers sonores sans perte

La prise eARC a l’avantage d’assurer un transfert jusqu’à 38 Mbits/s. Elle alimente jusqu’à 32 canaux audio, dont 8 non compressés à un format 24 bits/192 kHz transitant notamment via les standards Dolby Atmos et DTS:X. Le transfert est limité à 1 Mbits/s pour l’ARC classique et à 384 Kits/s au câble optique classique Toslink (standard S/PDIF) utilisé par exemple pour relier la TV à une installation de Hi-Fi classique.
Dans les faits, l’eARC permet de diffuser du son sans perte sur les canaux 5.1 et 7.1, contrairement aux deux autres standards. L’eARC assure bien sûr la compatibilité avec les Dolby True HD (jusqu’à 14 canaux, résolution 24 bits/96 kHz, débit 18 Mbps) et DTS-HD Master Audio (24 bits/96 kHz, débit 24 Mbps) non liés à la spatialisation d’objets comme les Dolby Atmos et DTS:X.
Dans tous les cas, il faudra en plus veiller à s’assurer d’avoir un câble HDMI 2.1 apte à tenir la cadence de transfert exigée par le Dolby Atmos. C’est le dernier format en date promulgué par l’organisation HDMI. Son «tuyau» assure un débit de 48 Gbps, contre 10.2 Gbps au HDMI 1.4.

Dolby Atmos, mais pas DTS:X

Revenons à la Sonos Arc. Elle est compatible Dolby Atmos, mais pas avec les standards du concurrent DTS (Digital Theater System) et notamment le DTS:X réputé techniquement encore plus précis. Cela ne facilite pas le choix d’une offre déjà rachitique et où il est difficile de s’y retrouver. On peut par exemple tomber sur des Blu-ray estampillés 4K Ultra HD n’étant compatible avec aucun de ces deux standards. Et quand il y a compatibilité, il faut souvent se contenter de la version originale en anglais.
Dans le cas de notre film «Spiderman», on a bien accédé à la version originale Dolby Atmos. Pour la version française, c’était plus compliqué. Comme elle n’était disponible qu’en DTS, il a fallu recourir au convertisseur du câble HDMI en Toslink pour le rebrancher sur le poste de télévision et enfin obtenir la bande sonore francophone du film.

Pour le contenu Dolby Atmos, il faut plutôt se tourner vers les plateformes américaines de streaming comme Netflix Premium et Apple TV. En Suisse, ni Swisscom ni Sunrise ne proposent par exemple encore ce format sur leur box. Il faudra donc durant les prochains mois se contenter essentiellement du Dolby Digital 5.1 pour les films et séries avec la Sonos Arc.

Dolby met de son côté aussi en avant sa technologie pour l’immersion de jeux vidéo avec des titres compatibles comme «Call of Duty: Warzone» avec des ordinateurs compatibles conçus pour les gamers. Le groupe américain cite également l’écoute musicale en Dolby Atmos avec des partenariats avec Amazon et le service de streaming Tidal.

Branchement facile

L’installation de la Sonos Arc se fait rapidement et elle s’intègre dans l’écosystème de la firme via l’application Sonos, S2 populaire pour les utilisateurs d’iPhone (iOS 11.4 et ultérieurs), beaucoup moins pour ceux d’Android (note de 2.2/5 sur la boutique Play Store en raison notamment de problèmes de gestion des différents appareils et de l’absence du calibrage acoustique issu de la technologie Trueplay).
L’app Sonos S2 propose d’intégrer les serveurs média et UPnP (protocole de mis en réseau Universal Plug and Play), d’écouter aussi les morceaux de son smartphone ou la Sonos Radio récemment lancée.
La barre de son peut bien sûr être pilotée sommairement depuis l’app Sonos, la télécommande de la TV, par iPhone via le protocole de diffusion AirPlay 2 ou encore par la voix avec Alexa (Amazon) ou l’Assistant Google. Concernant la taille, la Sonos Arc affiche 1,14 m de large pour 8,7 cm de haut et 11,6 cm de profondeur pour un poids de 6,2 kg.

Tarif favorable à la concurrence

La Sonos Arc est ainsi un appareil de bonne qualité au design attractif. Son prix, quelque 1000 fr., la met en concurrence avec des appareils vendus pour ce montant avec un caisson de basses, recommandé pour ce genre d’installation et, eux, souvent compatibles avec la norme DTS-X. Chez Sonos, il faut rajouter encore près de 900 francs si on veut le caisson de basses Sub 3 de dernière génération, ce qui n’arrange pas le ratio qualité/prix.
Les principaux fabricants de télévision comme Samsung, LG, Sony et autre Panasonic sont en effet présents avec des produits performants, à l’exemple la série Q très bien cotée du premier cité conçue avec sa filiale audio américaine Harman Kardon. Il y a aussi sur le marché les marques audios très actives dans le multiroom comme Bose, Denon et autre Yamaha.

C’est cependant le parc d’appareils présents au salon et les habitudes d’utilisation de la télévision qui feront sûrement la différence au moment du choix de sa barre de son. Pour vraiment profiter des nuances de l’immersion en 3D proposée par la technologie Dolby Atmos, il faudra encore patienter avec la Sonos Arc avant d’avoir le contenu approprié. Mais nul doute qu’elle a de quoi convaincre les adeptes de son système multiroom possédant un iPhone et désireux de remplacer leur Playbar vieillissante.

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