Actualisé 11.07.2020 à 04:34

Coronavirus

La barre des 70’000 morts franchie au Brésil

La pandémie de Covid-19 a déjà tué plus de 556’000 personnes dans le monde et continue de progresser, particulièrement aux États-Unis et au Brésil.

Le Brésil est le pays d'Amérique latine le plus affecté par le virus et le deuxième au niveau mondial.

Le Brésil est le pays d'Amérique latine le plus affecté par le virus et le deuxième au niveau mondial.

AFP

Des experts de l'Organisation mondiale de la santé sont attendus samedi à Pékin pour une mission exploratoire avant le démarrage de l’enquête que l’OMS veut mener sur l’origine du virus apparu en Chine fin 2019. La mission de ces deux experts, un épidémiologiste et un spécialiste de la santé animale, intervient alors que l’OMS a lancé vendredi un appel à la vigilance devant l’explosion récente des contaminations dans le monde. La pandémie de Covid-19 a fait plus de 556’000 victimes au total.

En annonçant vendredi que les experts de l’OMS étaient en route pour la Chine, la porte-parole de l’organisation, Margaret Harris, a indiqué qu’ils auraient des entretiens avec des responsables chinois et détermineraient les lieux que la future mission d’enquête devra visiter. «L’une des plus grandes questions est de savoir si le virus a été transmis à l’homme par un animal et de quel animal il s’agit», a déclaré Margaret Harris.

Intervenir rapidement

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné vendredi que les contaminations dans le monde avaient «plus que doublé ces six dernières semaines». Dressant ce constat inquiétant, il a insisté sur la nécessité d’intervenir très rapidement lorsque des foyers apparaissent.

«Seule une action agressive combinée à une unité nationale et à une solidarité mondiale peut renverser la trajectoire», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus. «Il existe de nombreux exemples dans le monde entier qui ont montré que même si l’épidémie est très intense, elle peut encore être ramenée sous contrôle», a-t-il dit.

Les États-Unis ont salué vendredi l’annonce de l’enquête de l’OMS en Chine. «Nous considérons cette enquête scientifique comme une étape nécessaire pour avoir une compréhension complète et transparente de la manière dont ce virus s’est répandu dans le monde», a déclaré l’ambassadeur américain auprès des Nations Unies à Genève, Andrew Bremberg. Une déclaration inhabituellement positive de la part des États-Unis, qui avaient lancé officiellement mardi leur procédure de retrait de l’OMS.

Washington critique l’organisation depuis le début de la crise, l’accusant d’avoir tardé à réagir et surtout d’avoir été trop complaisante avec la Chine après l’apparition du virus. Le président Donald Trump avait annoncé en mai qu’il allait «mettre fin à la relation» entre les États-Unis et l’OMS, qualifiée de «marionnette de la Chine».

Les États-Unis sont le pays le plus lourdement touché par le virus. L’épidémie y a fait 133’969 morts, dont 774 au cours des dernières 24 heures, selon les données publiées vendredi par l’université Johns Hopkins. Et 63’643 contaminations supplémentaires ont été enregistrées en 24 heures. Les experts craignent que la courbe des décès ne suive rapidement la même trajectoire que celle des nouvelles infections.

Plus de 70’000 morts au Brésil

Le Covid-19 poursuit également ses ravages en Amérique latine, où il atteint certains de ses dirigeants. En Bolivie, la présidente par intérim Janine Añez, candidate à l’élection présidentielle de septembre, a annoncé jeudi qu’elle était contaminée. Vendredi, c’est la présidente du Congrès bolivien, Eva Copa, deuxième dans l’ordre protocolaire de succession à la tête de l’État, qui a déclaré qu’elle l’était aussi.

Au Venezuela, où le président Nicolás Maduro a annoncé vendredi la prolongation pour un mois de l'état d'urgence instauré pour lutter contre le virus, le ministre du Pétrole Tareck El Aissami a annoncé sa contamination. Un autre proche collaborateur de Nicolás Maduro, Diosdado Cabello, numéro deux du pouvoir chaviste, avait fait de même jeudi.

Au Brésil, c’est le président brésilien Jair Bolsonaro qui a annoncé mardi être contaminé. Le Brésil est le pays d'Amérique latine le plus affecté par le virus et le deuxième au niveau mondial. Il a franchi vendredi la barre des 70’000 morts après avoir enregistré 1214 décès supplémentaires au cours des 24 heures précédentes. Les contaminations s’élèvent à plus de 1,8 million de cas.

Bogotá, principal foyer de la pandémie en Colombie, a augmenté son niveau d’alerte face à la propagation du virus et va renforcer le confinement de la population. À partir de lundi, la capitale bolivienne «entre en alerte orange et le système de soins intensifs en alerte rouge», a annoncé la maire de Bogotá, Claudia Lopez. La Colombie a enregistré 133’973 cas de contaminations dont 4714 décès.

Melbourne reconfinée

Dans des pays où la pandémie semblait en passe d’être maîtrisée, des résurgences ont été enregistrées. En Australie, les cinq millions d’habitants de Melbourne ont été replacés en confinement pour six semaines. Hong Kong a annoncé la fermeture de toutes ses écoles à partir de lundi en raison d’une «hausse exponentielle» des contaminations. De nouveaux foyers sont aussi apparus en Europe, le continent le plus endeuillé avec plus de 200’000 morts (pour 2,8 millions de cas), où la situation paraît toutefois pour le moment sous contrôle.

Le Costa Rica, qui faisait jusqu’ici figure de modèle en Amérique centrale dans la lutte contre le nouveau coronavirus, est confronté depuis deux semaines à une «accélération très préoccupante» de l’épidémie, avait averti la veille le ministre costaricien de la Santé Daniel Salas. Les autorités costariciennes ont donc décidé vendredi d’imposer des sévères mesures de restriction aux transports et aux commerces dans la capitale San José et sa banlieue. Un total de 649 nouveaux cas ont été enregistrés jeudi dans ce petit pays de cinq millions d’habitants, soit le bilan quotidien le plus élevé depuis le début de la pandémie. Ce chiffre est cependant retombé vendredi à 360. Le bilan total est à présent de 6845 cas avérés, avec 26 décès.

Par ailleurs, l’Argentine a été choisie pour mener des essais cliniques sur un projet commun de vaccin contre le nouveau coronavirus porté par la société allemande BioNTech et le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer, a annoncé vendredi le président argentin Alberto Fernandez. Début juillet, BioNTech et Pfizer avaient annoncé des résultats préliminaires positifs pour leur projet commun de vaccin contre le nouveau coronavirus, sur 45 participants.

(AFP/NXP)

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