Guerre en Libye: La bataille finale est «imminente»
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Guerre en LibyeLa bataille finale est «imminente»

Le lancement de la bataille finale en Libye est «imminent», a annoncé mardi le porte-parole militaire de la rébellion Ahmed Omar Bani à Benghazi, dans l'est du pays.

Pour le colonel Bani «l'essentiel est de libérer Syrte», région d'origine du colonel Mouammar Kadhafi, où se dernier aurait pu se cacher.

Pour le colonel Bani «l'essentiel est de libérer Syrte», région d'origine du colonel Mouammar Kadhafi, où se dernier aurait pu se cacher.

«Le lancement de la bataille finale est imminent. Jusqu'ici nous n'avons reçu aucune proposition de reddition pacifique. Nous voulons que tous sachent que nous sommes prêts militairement pour la bataille qui mettra fin au conflit», a déclaré le colonel Bani lors d'une conférence de presse.

«Nous continuons à chercher une solution pacifique, mais samedi nous emploierons des moyens différents face à ces criminels», a-t-il lancé.

«Nous sommes surpris que les habitants de Syrte refusent toujours nos propositions pacifiques pour éviter des effusions de sang des deux côtés», a-t-il ajouté.

Interrogé sur les opérations militaires prévues, il a répondu qu'il s'agissait de «renseignements militaires» et qu'il ne pouvait fournir plus de précisions.

Concernant les combats, il a estimé que «leur durée n'est pas un problème, l'essentiel est de libérer Syrte», région d'origine du colonel Mouammar Kadhafi, où se dernier aurait pu se cacher.

Peu auparavant, le chef du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, Moustapha Abdeljalil, avait adressé un ultimatum expirant samedi aux partisans de Mouammar Kadhafi dans les derniers fiefs du régime, dont Syrte, pour qu'ils se rendent, faute de quoi ils s'exposeraient à des opérations militaires.

Les Kadhafistes privent Tripoli d'eau

Les soldats pro-Kadhafi présents à Syrte ont coupé deux tiers de l'approvisionnement en eau de Tripoli, selon un rapport de l'Office humanitaire de l'Union européenne (ECHO). Les agences d'aide humanitaire sont contraintes à transporter de l'eau par voie maritime ou terrestre.

La majeure partie de l'eau à Tripoli vient de la «Grande rivière artificielle», projet pharaonique construit sous Mouammar Kadhafi qui pompe l'eau sous les sables du Sahara.

«La valve permettant l'acheminement de 200'000 m3 (par jour) (...) se trouve à Syrte et les troupes kadhafistes la bloquent», peut-il être lu dans le rapport publié par ECHO et obtenu mardi par Reuters.

Par ailleurs, trente puits acheminent chaque jour 100 000 m3 à Tripoli, mais le manque d'eau a conduit à la fermeture de ce réseau secondaire desservant les zones rurales proches de la ville. «Certains faubourgs (de Tripoli) n'ont pas reçu une goutte d'eau depuis trois jours», dit le rapport.

Des boutiques et des supermarchés rouvrent peu à peu dans la capitale libyenne et les habitants peuvent acheter des bouteilles d'eau, mais à des prix très élevés.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lui indiqué qu'un navire transportant 500 000 litres d'eau était en route pour Tripoli.

Kadhafi toujours aux commandes

Le dirigeant libyen en fuite Mouammar Kadhafi conserve une capacité de commandement des troupes qui lui sont loyales dans le pays, a indiqué mardi un porte-parole de l'OTAN. Ce dernier a affirmé ne pas savoir où se trouve l'ex-leader libyen.

Lors d'une conférence de presse, le porte-parole de l'opération de l'Alliance atlantique en Libye, le colonel canadien Roland Lavoie, a fait état de la «capacité dont il fait encore preuve à commander et contrôler des troupes, leurs mouvements, et celui d'armes ainsi que leur déploiement, y compris le tir de missiles sol- sol».

«Malgré la chute du régime de Kadhafi et le retour graduel à la sécurité, la mission de l'OTAN n'est pas encore terminée», avait-il déclaré plus tôt dans la journée. Le Canadien avait ajouté que la fin de la mission ne dépendrait pas du sort de Mouammar Kadhafi et de son éventuelle capture, mais de «l'évaluation de la situation sécuritaire» sur le terrain.

La mission de l'OTAN en Libye se poursuivra tant que les partisans de Mouammar Kadhafi feront peser une menace sur la population civile, même si le régime est en train de s'effondrer, a affirmé pour sa part Oana Lungescu, porte-parole de l'Alliance atlantique.

«La mission de l'OTAN en Libye est importante et efficace. Elle est nécessaire pour protéger les civils», a insisté Mme Lungescu au cours d'un point de presse au siège de l'alliance à Bruxelles.

Mouammar Kadhafi est toujours introuvable et les rumeurs continuent à le donner comme s'étant réfugié dans la région de Syrte, dont il est originaire. (ats)

Le Zimbabwe expulse l'ambassadeur de Libye passé aux rebelles

Le Zimbabwe a décidé d'expulser l'ambassadeur de Libye à Harare, qui avait annoncé son ralliement à la rébellion le 24 août, a indiqué le ministre zimbabwéen des Affaires étrangères.

«L'ambassadeur de Libye et son personnel ont été priés de quitter le Zimbabwe dans les 72 heures», a déclaré le ministre Simbarashe Mumbengegwi devant des journalistes, soulignant que Harare n'a pas reconnu le Conseil national de transition libyen.

Dans un communiqué, le ministère mentionne cependant un délai plus court de 48 heures accordé aux diplomates. Aucune explication n'a pu être obtenue dans l'immédiat pour expliquer ce décalage.

«L'ambassadeur de Libye et son personnel ont décidé de renoncer à leur allégeance au gouvernement du colonel Kadhafi», a dit le ministre des Affaires étrangères. «Cet acte prive donc l'ambassadeur de Libye et son personnel de tout statut diplomatique au Zimbabwe, parce que le Zimbabwe ne reconnaît pas le CNT».

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