Armée suisse: La bataille sur le budget est relancée
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Armée suisseLa bataille sur le budget est relancée

Le «Non» aux Gripen inquiète la droite. Pour la gauche, le peuple a clairement refusé un engagement financier trop lourd. La bataille du budget de l'armée est relancée.

par
lgü

L'UDC se dit inquiète de la décision du peuple contre l'achat de nouveaux avions pour remplacer la vieille flotte des Tiger. Il s'agit désormais selon le parti conservateur d'exploiter pleinement le budget annuel de 5 milliards de francs pour assurer la défense nationale et garantir une armée performante. Le contexte international a montré la nécessité de cet investissement.

Même inquiétude du PBD pour qui la Suisse a besoin d'une protection aérienne efficace. Le «non» ne doit en aucun cas être interprété comme un signe supplémentaire en faveur d'une réduction des prestations de l'armée.

Pour le PLR, le «non» au Gripen place l'armée suisse devant un énorme défi. La campagne a escamoté le débat sur les questions de sécurité et la nécessité d'une armée de l'air forte. Il s'agit dès lors d'entamer un nouveau processus d'évaluation objectif afin de garantir la sécurité future. Le résultat de dimanche n'est pas à interpréter comme une défiance envers l'armée mais bien plus comme un avertissement sur le mode d'achat de l'avion.

Baisse de la sécurité

Le refus de l'achat du Gripen revient à une baisse de la sécurité, estime pour sa part le PDC. Mais le verdict du peuple doit être accepté. La discussion sur le remplacement des F5 Tiger est désormais close et il faut reconsidérer la question dans le contexte du remplacement des FA-18.

Pour les démocrates-chrétiens, le résultat ne doit pas avoir d'effets sur le budget de l'armée. Les 5 milliards de francs annuels ne seront que plus nécessaires après cette votation. Les fonds supplémentaires consentis pourraient servir à une surveillance aérienne 24 heures sur 24.

300 millions libérés

«La raison financière l'a emporté aujourd'hui», estime au contraire le Parti socialiste. Le peuple a refusé le Gripen, que ce soit à l'achat ou sous forme de location. Pour les socialistes , le budget de l'armée doit revenir à 4,7 milliards de francs au lieu des 5 milliards décidés par le Parlement en vue de l'achat du jet suédois.

Le peuple ne s'est pas laissé entraîner par l'alarmisme de la droite, se félicitent également les Verts. Il faut désormais consacrer les 300 millions de francs ainsi libérés à des projets sociaux, écologiques et dans le domaine de la paix.

Les socialistes demandent eux que le chef du Département fédéral de la défense (DDPS) entame un processus pour une réforme en profondeur et une modernisation de l'armée. Il est temps que l'armée s'oriente vers les menaces du XXIe siècle.

Les arguments financiers des opposants ont été prépondérants, constatent les Evangéliques qui avaient donné la liberté de vote. (lgü/ats)

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