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La BBC censurée à cause d'un e-mail

Londres - Une injonction reçue par la BBC vendredi de ne pas diffuser un reportage visait à empêcher la publication d'un e-mail échangé entre deux proches de Tony Blair.

Cet élément est une pièce importante d'une enquête en cours sur le financement du parti travailliste britannique.

«Les détails obtenus par la BBC pourraient être essentiels pour l'enquête sur une dissimulation de preuves présumée à Downing Street dans l'affaire du financement du Labour», indique la BBC dans un article publié sur son site internet.

L'injonction a été prononcée vendredi soir parce que «la police s'est inquiétée du fait que le reportage de la BBC puisse entraver l'enquête», précise l'article.

L'attorney general, Lord Goldsmith, qui par sa fonction est un membre du gouvernement, avait prononcé cette injonction à l'issue d'une audience de deux heures, ce qui selon les médias britanniques suggère un proche dénouement de l'enquête.

«Prêts»

La BBC a souligné de son côté dans un communiqué que son reportage était dans «l'intérêt légitime du public».

La police britannique enquête sur des «prêts» accordés aux partis, principalement pour financer leur campagne électorale de 2005, par de riches hommes d'affaires dont certains avaient ensuite été proposés pour un siège à la Chambre des Lords (non élue).

Ces prêts en eux-mêmes n'étaient pas illégaux, et contrairement aux dons, n'avaient pas à être déclarés. Mais une loi de 1925 pourrait avoir été violée s'ils ont été récompensés par des titres honorifiques ou des sièges de Lords.

Blair entendu à deux reprises

Au total, quatre personnes ont été arrêtées puis remises en liberté dans le cadre de cette enquête ouverte en mars 2006. Parmi elles, figure Lord Levy, le principal collecteur de fonds du parti travailliste. Très proche du Premier ministre Tony Blair, il a souvent été son ambassadeur itinérant au Proche-Orient.

Depuis l'ouverture de l'enquête en mars 2006, près d'une centaine de personnes ont été interrogées par la police, dont M. Blair, qui a été entendu à deux reprises, comme témoin, par les policiers, un fait sans précédent pour un chef de gouvernement en exercice.

L'enquête s'est concentrée dernièrement sur l'éventualité de dissimulation de preuves par des proches de Tony Blair dans cette enquête. A ce jour, personne n'a été inculpé. (ats)

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