Rigueur: La BCE confirme un accord en Grèce
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RigueurLa BCE confirme un accord en Grèce

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a confirmé jeudi que les responsables politiques grecs étaient arrivés à un accord sur le nouveau plan de rigueur.

Le président de la Banque centrale européenne a confirmé qu'un accord a été trouvé en Grèce sur un nouveau plan de rigueur.

Le président de la Banque centrale européenne a confirmé qu'un accord a été trouvé en Grèce sur un nouveau plan de rigueur.

«Le Premier ministre grec m'a informé que les partis en présence étaient arrivés à un accord», a déclaré M. Draghi, rappelant qu'une réunion de l'Eurogroupe aurait lieu en fin d'après-midi à Bruxelles au sujet de la Grèce.

M. Draghi a par ailleurs répété qu'il restait opposé à tout «arrangement avec la loi» pour contourner l'interdiction faite par les Traités européens à la BCE de financer un pays membre.

«Toutes ces discussions sur un partage par la BCE des pertes essuyées par la Grèce sont sans fondement», a-t-il déclaré. «L'idée que la BCE pourrait donner de l'argent pour le programme (d'aide à la Grèce) serait une violation de la prohibition de financer» les Etats, selon lui.

«Accord général» du gouvernement

Un «accord général sur le contenu du nouveau programme» de rigueur demandé à la Grèce par l'UE et le FMI a été conclu jeudi, en vue de la réunion dans la soirée de l'Eurogroupe consacrée au plan de renflouement du pays surendetté, a indiqué un communiqué des services du Premier ministre grec.

«Les dirigeants politiques se sont entendus sur les résultats des négociations» menées par Lucas Papadémos avec la troïka représentant les créanciers UE et FMI du pays, a ajouté ce communiqué, rappelant que la voie était ainsi ouverte au déblocage de prêts de 130 milliards d'euros promis au pays fin octobre par la zone euro.

45 milliards

La BCE détiendrait environ 45 milliards d'euros d'obligations publiques grecques, acquises à l'occasion de ses rachats de titres sur le marché secondaire face à la crise de la dette.

Elle a été appelée à renoncer à une partie de ces créances, alors que les pertes de 100 milliards d'euros consenties par les banques et fonds d'investissement créanciers d'Athènes sont jugées, notamment par le FMI, insuffisantes pour permettre au pays de s'en sortir.

Quelques minutes avant la conférence de presse de M. Draghi, une source gouvernementale grecque avait indiqué qu'un accord «final sur le paquet de mesures» de rigueur avait été conclu au sein du gouvernement grec.

«Une question était restée en suspens» à l'issue d'une réunion dans la nuit des trois chefs des partis soutenant le gouvernement de Lucas Papademos, «il y a maintenant un accord final», a affirmé cette source, sans toutefois confirmer que cet accord incluait bien les trois partis gouvernementaux, alors que des rumeurs faisaient état d'une divergence de la petite formation d'extrême droite Laos.

Le FMI peut prêter plus

Le Fonds monétaire international a salué jeudi l'accord entre les partis politiques en Grèce et estimé qu'un nouveau programme international d'aide au pays était possible.

«Un large soutien politique pour le programme est crucial, et c'est la raison pour laquelle nous FMI, avec nos partenaires en Europe, avons pris tout ce temps pour discuter avec les dirigeants politiques en Grèce des mesures d'un éventuel nouveau programme», mais «il faut en faire plus» en termes de mesures budgétaires et économiques, a déclaré un porte-parole de l'institution, Gerry Rice, lors d'un point de presse à Washington.

La directrice générale, Christine Lagarde, a salué jeudi l'accord trouvé en Grèce sur un nouveau programme de rigueur comme étant «très encourageant», à son arrivée à Bruxelles où elle doit participer à une réunion de l'Eurogroupe.

«Il y a clairement certaines nouvelles très encourageantes en provenance d'Athènes, après le travail très difficile qui a été accompli, je pense que c'est positif», a dit Mme Lagarde, ajoutant qu'«il reste encore à faire». Le plan de rigueur demandé à la Grèce est une condition à de nouveaux prêts de l'Europe et du FMI.

(afp)

Grève générale de 48 heures contre la nouvelle cure de rigueur

Les deux grandes centrales syndicales grecques, Adedy pour le public et GSEE pour le privé, et le syndicat communiste Pame, ont appelé jeudi à une grève générale vendredi et samedi contre les nouvelles mesures de rigueur réclamées par l'UE et le FMI en échange d'un nouveau prêt.

Ouvrant le bal de cette contestation, plus de 8.000 sympathisants de gauche ont manifesté jeudi soir dans le centre d'Athènes, selon les chiffres de la police.

Derrière une banderole frappée du slogan «Dehors le gouvernement criminel et la troïka - aucun accord ne doit être signé», le cortège le plus fourni était celui du Front syndical communiste Pame. La gauche radicale a organisé son propre défilé jusqu'au parlement.

Les syndicats entendent enchaîner de nouvelles manifestations trois jours de suite, vendredi et samedi en fin de matinée et dimanche en fin d'après-midi contre ce nouveau train d'austérité et de déréglementation, censé selon les plans gouvernementaux être soumis dimanche soir au vote du parlement.

Les mesures qui se profilent après avoir reçu dans la nuit un accord de principe des trois partis de la coalition gouvernementale «vont être le tombeau de la société grecque», a dénoncé un communiqué de la GSEE et de l'Adedy. «Le gouvernement n'a pas de légitimité pour les imposer», a ajouté le texte.

La zone euro pas encore prête à débloquer son aide

La zone euro n'est pas encore prête à débloquer une nouvelle aide financière cruciale en faveur de la Grèce malgré l'accord sur un nouveau plan de rigueur conclu dans ce pays, les engagements d'Athènes n'étant pas jugés suffisamment précis.

Les éléments ne sont pas encore réunis pour «croire qu'il y aura un accord définitif ce soir», a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, en marge d'une réunion de ce forum des ministres des Finances de l'Union monétaire à Bruxelles.

«D'énormes progrès ont été accomplis par les uns et par les autres. Nous examinerons en détail les différentes pistes de travail qui sont sur la table (...) j'ai tendance à croire que nous ne conclurons pas ce soir, mais si ce n'est pas ce soir ce sera fait la semaine prochaine», a-t-il ajouté, estimant que ce délai n'était pas une catastrophe.

L'Europe a promis 130 milliards d'euros de nouveaux prêts dans le cadre de ce nouveau programme à condition qu'Athènes s'engage à des économies budgétaires supplémentaires et à des réformes économiques. Un accord en ce sens a été annoncé dans la journée par le gouvernement grec, mais plusieurs pays européens attendent d'en connaître les détails pour voir si cela correspond vraiment à leurs attentes.

Selon des diplomates, les capitales réticentes à délier tout de suite les cordons de la bourse veulent des engagements plus précis et chiffrés de la part des Grecs.

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