Actualisé 06.08.2009 à 16:23

Politique monétaireLa BCE laisse son principal taux directeur à 1%

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de garder son principal taux à son plus bas niveau historique de 1%.

La décision était unanimement attendue par les marchés.

Ce taux, qui détermine en théorie le niveau du crédit en zone euro, se situe à ce niveau historiquement bas depuis mai. Plus tôt, la Banque d'Angleterre (BoE) a aussi reconduit le statu quo sur ses taux mais annoncé un relèvement de 50 milliards de livres à 175 milliards de son programme d'achat d'actifs visant à stimuler l'économie.

Une mesure que la BCE ne paraît pas envisager, du moins pour l'heure. Mais il va devenir pour elle «de plus en plus difficile d'écarter le risque» de déflation, à savoir d'une baisse généralisée et prolongée des prix redoutable pour l'économie, estime Peter Vanden Houte, économiste chez ING.

La montée des risques pourrait «forcer la BCE à adopter une politique» d'assouplissement quantitatif, via l'achat massif d'obligations d'Etat ou d'entreprises, comparable à celle de la BoE ou de la Fed américaine, renchérit Jennifer McKeown de Capital Economics.

La confiance se renforce

Néanmoins, les récents indicateurs de confiance ont poursuivi leur remontée annonciatrice de lendemains plus cléments pour l'économie, Selon le scénario de la BCE, elle devrait recommencer à croître de façon durable à partir de la mi-2010.

Cette hypothèse commence aussi à être confortée au fil de certaines statistiques. La première économie européenne, l'Allemagne, a vu ses commandes industrielles repartir ces quatre derniers mois. En juin, elles ont même bondi de 4,5% sur un an, soit nettement plus que prévu par les économistes.

«Une chose est sûre, la reprise sera probablement modeste et vulnérable aux chocs. De ce point de vue, l'affaiblissement continu du dollar pourrait affecter le retournement» de conjoncture, prévient l'analyste d'ING.

Le crédit pose problème

La raréfaction du crédit est un autre danger qui plane sur la relance à venir. Les banques sont abreuvées de liquidités bon marché par la BCE qui veut ainsi les encourager à irriguer suffisamment l'économie en financements.

Mais comme leurs clients deviennent moins solvables en raison de la crise, elles renâclent toujours à répercuter la baisse des taux sur leur condition de crédit, alors que les taux d'épargne sont eux alignés sur le principal taux de 1%.

Dans ce contexte incertain, la majorité des économistes parient sur un long statu quo des taux directeurs. «Il faudra attendre le conseil de septembre et les nouvelles prévisions économiques de la BCE pour avoir de nouveaux éléments sur un mouvement possible des taux à moyen terme», juge Cedric Thellier de Natixis.

La plupart des analystes pensent que le prochain geste sera une hausse, mais pas avant la fin de l'an prochain. Si la BCE resserre trop tôt ses taux directeurs, elle prend le risque d'étrangler la reprise. Mais si elle agit trop tard, ce sont les dangers d'inflation qui menacent, étant donné la masse de liquidités injectées sur les marchés.

(ats)

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