Actualisé 04.03.2010 à 18:05

Union européenneLa BCE se veut rassurante sur la Grèce et la zone euro

La Banque centrale européenne a couvert la Grèce de louanges après l'annonce la veille par Athènes d'une cure d'assainissement draconienne de ses finances.

Elle s'est aussi voulue rassurante à la fois sur la cohésion et la santé économique de la zone euro.

«Nous apprécions énormément ce qui a été décidé» par le gouvernement grec, a déclaré le président de la BCE Jean-Claude Trichet lors d'une conférence de presse. Le pays en pleine débâcle budgétaire veut économiser 4,8 milliards d'euros, à grand renfort de hausse de TVA, gel des salaires et retraites, pour tenir son objectif de réduction du déficit public cette année.

Les mesures «très substantielles» annoncées par le Premier ministre Georges Papandréou, sont considérées «comme convaincantes» par le conseil des gouverneurs et «nous attendons qu'elles soient considérées convaincantes par d'autres» observateurs, a ajouté M. Trichet en référence aux agences de notation financières. Le plan d'austérité hellénique est désormais crédible, a-t-il martelé.

Dès mercredi soir, l'agence de notation Moody's avait toutefois vivement encouragé la Grèce à faire suivre ses paroles par des actes, faute de quoi le pays pourrait voir sa note d'endettement à nouveau abaissée. Ses habitants, qui craignent une longue récession, sont sous le choc depuis l'annonce de Georges Papandréou et les protestations se multiplient.

Message positif

Plus généralement, le chef de la BCE a voulu faire passer un message positif sur l'Europe, alors que les déboires de la Grèce ont fait ressurgir les scénario d'un éclatement de la zone euro, née il y a onze ans seulement.

«Les institutions européennes ont fonctionné (...), la Commission européenne a fait son travail», a-t-il estimé. Face aux risques de contagion à toute la zone euro, les Européens avaient décidé de placer le pays sous tutelle budgétaire pour s'assurer qu'il allait remettre ses finances en ordre.

La sortie de la Grèce de la zone euro est une «hypothèse absurde», a-t-il redit. Il aussi balayé l'idée d'un recours à une aide financière du Fonds monétaire international (FMI), jugée «inappropriée». La veille, le chef du gouvernement d'Athènes avait jugé en revanche qu'il s'agissait d'une «possibilité».

Le placement réussi jeudi d'un large emprunt obligataire par la Grèce réduit de toute façon l'urgence d'une aide de la part du FMI ou des autres Etats de la zone euro, souligne Jörg Krämer de Commerzbank.

La reprise est «en chemin»

Evoquant la reprise économique, le président de la BCE a aussi pris le parti de voir le bon côté des choses. Même si la croissance a marqué un coup d'arrêt fin 2009, même si l'hiver rigoureux et une consommation en berne pèsent sur le premier trimestre, la reprise est bien «en chemin», a-t-il dit.

La BCE prévient depuis des mois que le retour vers la croissance serait semé d'embûches. «Nous avons été sages d'être prudents», s'est-il félicité. Pour 2010, la BCE a maintenu sa prévision de croissance du PIB à 0,8%. Pour 2011, elle l'a remontée à 1,5% (contre 1,2% en décembre), faisant le pari d'une amélioration de l'environnement mondial. Et elle continue de miser sur une inflation modérée à moyen terme.

Taux inchangé

Le principal taux directeur, conservé jeudi à son niveau historiquement bas de 1%, devrait donc rester inchangé pour un long moment.

Côté retrait des mesures exceptionnelles de soutien au crédit, très attendues par les économistes, la BCE a annoncé le retour à des taux d'intérêt variables sur ses prêts d'une maturité de trois mois. «Un nouveau petit pas vers la sortie», a jugé l'économiste de la Commerzbank.

Mais les banques vont encore bénéficier d'un large soutien de la BCE, au moins jusqu'à octobre. Les principales opérations sur une semaine continueront d'être assorties d'un taux fixe de 1%.

(ats)

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