Zone euro: La BCE vole au secours de la croissance
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Zone euroLa BCE vole au secours de la croissance

La Banque centrale européenne a annoncé ce jeudi des rachats massifs de dettes, notamment publiques. Décryptage.

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Ce programme de rachats d'actifs a été pris «à une large majorité, mais pas à l'unanimité» du conseil des gouverneurs de la BCE, a précisé Mario Draghi. (photo: AFP)

Ce programme de rachats d'actifs a été pris «à une large majorité, mais pas à l'unanimité» du conseil des gouverneurs de la BCE, a précisé Mario Draghi. (photo: AFP)

En quoi vont consister les rachats massifs de dettes?

La BCE a décidé de «lancer un programme élargi de rachats d'actifs» publics et privés, a annoncé Mario Draghi, ce jeudi, lors de sa conférence de presse, à Francfort.

Ces rachats d'actifs seront échelonnés à raison de 60 milliards d'euros par mois, à partir de mars 2015. Dans le détail, ce programme sera mené de manière sûre «jusqu'à fin septembre 2016» et «en tout état de cause jusqu'à ce que nous voyions un ajustement pérenne dans la trajectoire de l'inflation, conformément à notre objectif d'atteindre un taux d'inflation inférieur mais proche de 2%», a expliqué le président de la BCE. En tout, cela fait donc au moins 1 140 milliards d'euros sur 19 mois.

Ce rachat de dettes s'appelle du «quantitative easing» ou «QE».

Qu'est-ce que le «quantitative easing» (QE)?

Le «quantitative easing» (QE) ou assouplissement quantitatif, c'est en fait la version moderne de «la planche à billets». Déjà utilisé par la Banque centrale du Japon et la Fed américaine, le «QE» consiste à injecter des liquidités pour peser sur les taux d'intérêt, afin de relancer l'activité économique par le biais du crédit, et faire remonter les prix.

En d'autres termes, la BCE va racheter sur les marchés des dettes souveraines. En échange de ces achats, elle crée de la monnaie qu'elle injecte dans les circuits financiers. D'habitude pour sa politique monétaire, la BCE utilise, comme principal outil, le taux d'intérêt auquel elle accorde des prêts aux banques. Ce taux détermine celui des crédits auxquels souscrivent les ménages et les entreprises de la zone euro.

Qui s'occupera de ces rachats de dette?

La grande majorité de ces rachats seront mis en œuvre par les banques centrales nationales des 19 pays de la zone euro (dont la BCL au Luxembourg), et seuls 20% des titres achetés seront soumis à un partage des risques, c'est-à-dire que les pertes éventuelles qui en découleront seront assumées in fine par tous les contribuables de la zone euro. Pour les 80% restants, chaque banque centrale nationale achètera des titres de son pays et en supportera les risques. (fr/20 minutes/afp)

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