Vaud: La BCV a résisté à la crise en 2008
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VaudLa BCV a résisté à la crise en 2008

La Banque cantonale vaudoise (BCV) affiche sa sérénité malgré la crise. Elle estime avoir très bien résisté en 2008, en dépit d'un bénéfice net en forte baisse de 25% à 358 millions de francs et d'un chiffre d'affaire en recul de 15% à 928 millions.

«Solidité, sérénité, ambition»: le président de la direction générale Pascal Kiener a d'emblée donné le ton lors de la présentation mardi des résultats 2008 de la seconde banque cantonale de Suisse. La BCV réalise le 4e meilleur résultat annuel de son histoire dans un contexte de crise des marchés financiers sans précédent, a-t-il souligné devant la presse.

Principale satisfaction, la banque a réussi à redresser la barre dans le courtage au deuxième semestre. Les pertes enregistrées au premier trimestre après une prise de risque sur les dérivés-actions ont ainsi été compensés plus vite que prévu, cette division affichant un bénéfice brut de 22 millions de francs (-41%). «On a eu un peu de chance» a reconnu M. Kiener.

8000 nouveaux clients

Suite aux pertes du début d'année, la BCV avait réduit son exposition sur les marchés. Quand ils se sont effondrés en octobre, la banque a moins souffert que d'autres établissements, a expliqué le patron. La BCV a profité des malheurs des grandes banques. Elle a acquis 8000 nouveaux clients et bénéficié d'un apport d'argent frais de 1,7 milliard de francs de la clientèle privée et des PME vaudoises.

«Nous avons volontairement réduit de 1,3 milliard l'apport des grandes entreprises et de clients de trade finance», a souligné Thomas Paulsen, le nouveau directeur financier. Il s'agissait de ne pas déséquilibrer le marché interbancaire par ces mouvements «opportunistes».

En fin de compte, l'apport d'argent frais se monte à 400 millions sur l'année. La masse sous gestion se contracte de 17% à 66,8 milliards (à périmètre constant), en raison de la baisse des marchés.

Baisses relativisées

Quant à la baisse des revenus et du bénéfice net, les responsables de la BCV les relativisent. L'exercice 2008 a vu la finalisation de la cession des activités de Unicible et de la filiale espagnole A&G. A périmètre constant, le recul des revenus n'est plus que de 9% au lieu de 15%.

Principale source de revenus du groupe, les opérations d'intérets restent stables à 504 millions de francs (-1%). Les revenus de commissions diminuent de 340 millions (-12%) sous l'effet de la baisse des marchés boursiers.

«Normalisation»

Les charges d'exploitation reflètent également la cession d'activité, en baisse de 10% à 505 millions de francs. Le bénéfice brut s'établit à 423 millions (-20%) et les produits extraordinaires à 130 millions (-54%), dont 73 millions liés à la vente d'activités et 57 millions de dissolution de réserves pour risque de crédit.

Le bénéfice net des prochains exercices ne sera plus influencé de manière significative par des produits extraordinaires, la BCV ayant achevé son recentrage et l'assainissement de son bilan. Pour 2009, la banque reste confiante et table sur un nouveau bénéfice.

Dividende et paiement confirmés

Reflet de cette sérénité, l'établissement confirme sa stratégie annoncée en novembre: priorité à la banque de détail et à la gestion de fortune, surtout dans le canton de Vaud, ainsi qu'à la gestion institutionnelle en Suisse. Ces deux derniers domaines sont ceux où le potentiel de croissance est le plus grand, estime la BCV.

La banque diminuera en outre comme prévu ses fonds propres pour les faire passer à 145% des exigences réglementaires, contre 180% actuellement. Elle remboursera 10 francs sur 30 de la valeur nominale des actions en plus du versement d'un dividende de 20 francs. Ces propositions devront être approuvées par l'assemblée générale du 30 avril.

Le marché a réagi positivement à ces annonces. A 15 h, l'action BCV gagnait 15% à 305 francs à la Bourse suisse. (ats)

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