La Belgique à nouveau en pleine crise
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La Belgique à nouveau en pleine crise

Le roi Albert II a entamé mardi des négociations avec les dirigeants politiques, quelques heures après la démission du gouvernement présentée par Yves Leterme.

Mais la division entre les communautés flamande et wallonne semble si profonde que le Premier ministre a jugé que le modèle politique du pays avait «atteint ses limites», laissant de nouveau planer le spectre d'une partition.

Albert II n'a pas immédiatement accepté la démission du gouvernement Leterme, qui reste donc en place pour s'occuper des affaires courantes. Mais les consultations qu'il a entamées mardi devraient s'étaler sur plusieurs jours, renforçant l'incertitude d'un pays qui, comme l'estimait le quotidien «Le Soir» dans son édito de mardi, est aujourd'hui «au bord du gouffre».

Après avoir remis sa démission lundi soir, Yves Leterme a estimé mardi dans un communiqué que l'échec de son gouvernement dans ses négociations sur l'autonomie des deux communautés s'expliquait par le fait que le «consensus politique» entre les Flamands et les francophones ne fonctionnait plus. «Le modèle fédéral de consensus a atteint ses limites», a-t-il déclaré.

Les partis francophones ont faire part de leur surprise après l'annonce de Leterme. Le vice-Premier ministre Didier Reynders, également ministre des Finances et membre du Mouvement Réformateur (MR, francophone), a appelé Yves Leterme, du CD&V (chrétiens-démocrates flamands), à ne pas jeter l'éponge, affirmant qu'il croyait toujours en la possibilité de parvenir à un accord entre les deux camps.

«Nous devons travailler dans les prochaines heures et les prochains jours pour construire sur la confiance (...) pour travailler vers une solution», a-t-il souligné. «Le gouvernement doit poursuivre son programme économique et social. Nous devons poursuivre avec notre coalition et avec Leterme en tant que Premier ministre».

Elio di Rupo, leader des Socialistes francophones, a, lui, jugé que les négociations sur la réforme des institutions, principal point de blocage des discussions s'étaient tenues dans «un climat constructif, positif».

Les partis flamands ont, eux, accusé l'autre camp de ralentir délibérément les pourparlers et de ne pas faire preuve de bonne volonté.

Yves Leterme avait formé en mars un cabinet composé de cinq partis issus des deux communautés, qui a succédé au gouvernement intérimaire du libéral flamand Guy Verhofstadt après neuf mois de crise politique, marqués par le spectre d'une partition du royaume comprenant 6 millions de néerlandophones et 4,5 millions de francophones.

Mais les négociations entre les différentes composantes de la coalition sur l'autonomie des régions n'ont pu aboutir à la date-butoir qu'il avait fixée à mardi, achoppant sur la délicate question de la réforme institutionnelle.

Les néerlandophones réclament une autonomie accrue des régions, notamment en matière de sécurité sociale et de fiscalité, un point qui effraie les Wallons. Les francophones redoutent pour leur part une réduction des budgets accordés à la Wallonie, région la plus pauvre du pays, et à la capitale bilingue, Bruxelles. Ils estiment également que les régions se sont vu transférer depuis les années 1980 assez de compétences fédérales, et soupçonnent les néerlandophones de chercher à faire sécession de la Belgique afin de pouvoir déclarer l'indépendance de la Flandre. (ap)

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