Mondial 2014: La Belgique veut faire trembler les filets US
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Mondial 2014La Belgique veut faire trembler les filets US

La Belgique, invaincue lors de la phase de poule, rêve désormais de rejoindre les quarts de finale. Confiante, elle redoute toutefois les qualités athlétiques américaines.

«Ce match, ce sera la guerre», a osé le sélectionneur Marc Wilmots, «impressionné par la force physique des Etats-Unis». «Cette équipe n'a peur de rien et est convaincue de pouvoir battre tout le monde. Mais nous aussi, explique-t-il. Quand je vois les qualités de course et la fraîcheur de mes médians (milieux de terrain, ndlr), je n'ai pas peur».

La Belgique en quart de finale d'une Coupe du monde, ce serait une première depuis 1986. Pour les Américains, pareille performance remonte à 2002. «Nous avons les qualités pour passer, se convainc Eden Hazard, auteur de deux passes décisive depuis le début du tournois, qui affirme «pouvoir faire beaucoup mieux».

Car si les Belges ont aligné trois victoires face à l'Algérie (2-1), la Russie (1-0) et la Corée du Sud (1-0), beaucoup d'observateurs ont été déçus par la qualité du spectacle proposé. «Ca ne me préoccupe pas, rétorque Wilmots. J'ai vu une équipe en place, un bloc collectif qui défend ensemble, qui attaque ensemble. Un équipe qui se crée des occasions et qui en concède peu. Je ne sais pas ce que vous voulez», a-t-il lancé dimanche à la presse.

Jouer libéré

«Le neuf sur neuf va nous permettre de jouer libéré. Les gars ont faim. Ils vont tout faire pour ne pas avoir de regret», ajoute »Willie«, qui sent son équipe prête à faire trembler les filets américains, nom évocateur d'une fameuse spécialité culinaire belge à base de boeuf hâché.

Sur papier, les Diables Rouges partent favoris. La Belgique a, dans un passé récent, battu les USA à deux reprises. En mai 2013 à Cleveland (2-4) et en septembre 2011 à Bruxelles (1-0). «Il s'agissait de matches amicaux. La Coupe du monde, c'est autre chose. On ne peut pas se baser sur ces matches», tempère Hazard. Le sélectionneur allemand des Etats-Unis, Jurgen Klinsman ne dit pas autre choses en affirmant que «malgré ces deux échecs en amicaux, notre confiance est grande».

»La Belgique a fini en tête de son groupe et nous pas. Cela dit, on entre maintenant dans la partie à élimination directe du tournoi. C'est une autre compétition qui commence. C'est le message que j'ai déjà fait passé à mes gars : on ne doit absolument pas avoir peur de la Belgique. J'ai dit: Yes, we can! dans le vestiaire».

Une Belgique diminuée?

«Sortir d'un groupe avec l'une des meilleures nations de la planète foot (NDLR : l'Allemagne), un outsider à la victoire finale (le Portugal) et la meilleure équipe d'Afrique (le Ghana), c'est déjà une sacrée performance. Mais on ne veut pas s'arrêter là», rappelle Klinsman. Le coach allemand est d'autant plus confiant qu'il est au courant des pépins physiques qui accablent les défenseurs belges.

Wilmots pourrait devoir se passer de son capitaine Vincent Kompany (aine) et de Thomas Vermaelen (ischio-jambiers) alors qu'Anthony Vanden Borre est forfait pour le reste du mondial (fissure du péroné gauche) et que d'autres joueurs (Fellaini, Dembélé, Ciman) ont connu des pépins physiques ces derniers jours.

Ajouté à la suspension de Steven Defour, cela peut faire beaucoup pour Wilmots. L'entraîneur belge ne s'inquiète pourtant pas. «Kompany ne jouera que s'il est à 100%. Si ce n'est pas le cas, la charnière centrale Van Buyten-Lombaerts est de toute façon compétitive», explique-t-il. (afp)

Hazard fera-t-il bien les choses?

La star belge Eden Hazard, auteur de deux passes décisives lors du premier tour, sait que ses partisans attendent plus de lui et promet de «jouer plus libéré», face aux Etats-Unis mardi (20h00 GMT) en quart de finale à Salvador. Dans les chiffres, le début de Mondial de l'ancien Lillois n'est pas mauvais. A deux reprises, il a sorti son équipe du pétrin et est pour beaucoup dans le neuf sur neuf réussi par les Diables Rouges.

Mais dans la manière, on attend encore de voir le joueur qui avait porté Chelsea quasiment à lui tout seul en deuxième partie de saison en Premier League. «À partir de maintenant, avec la confiance accumulée par trois victoires, nous devrions pouvoir jouer de manière libérée. Ce devrait être mon cas aussi», a-t-il déclaré ces derniers jours.

«Maintenant, ce sont les huitièmes de finale. Plus aucune équipe, enfin j'espère, ne va calculer, indique-t-il. Depuis le début du tournoi, nous avons dû buter sur des équipes très compactes et très renforcées. Des formations qui n'avaient qu'une seule intention : nous attendre et partir en contre. Mardi, à Salvador, ce devrait être un match ouvert avec un peu plus d'espaces. Ce qui a priori devrait nous permettre de davantage développer notre jeu».

Lors des premiers matches, Hazard a souffert du manque de soutien de l'arrière-gauche à qui Marc Wilmots interdisait de trop monter. Le petit ailier a souvent dû se débrouiller seul sur son flanc. «Je trouve qu'il n'y a pas assez de mouvements dans l'équipe. Sans cela, c'est difficile de bien jouer», s'est plaint la pépite belge, regrettant avec sa franchise habituelle «un jeu pas assez fluide».

Marc Wilmots n'est «pas déçu» par le rendement de son prodige. Le sélectionneur sait que «la pression est grande sur ses épaules». «Eden veut faire plus, il peut nous apporter énormément. J'attends de le voir mardi, qu'il s'impose», explique l'entraîneur belge. «Il veut être plus décisif. Mais en aura-t-il la possibilté ? Quelle sera l'approche des USA ?», s'interroge Wilmots.

Hazard abordera la rencontre dans les meilleures conditions au niveau physique. Face à la Corée du Sud jeudi, il n'a joué qu'une dizaine de minutes, son entraîneur lui ayant permis de souffler alors que la Belgique était déjà qualifiée. «Je n'avais pas forcément besoin de repos mais Marc a choisi de faire tourner. Quand on gagne, on ne discute pas, sourit-il. Moi, j'aime jouer, tout le temps au besoin, mais je comprends que le besoin de conserver la fraîcheur prime dans une telle compétition. Ma condition est excellente».

La preuve: face à l'Algérie (2-1) et le Russie (1-0), c'est dans les dernières minutes de jeu que Hazard a fait la différence. «Quand les adversaires sont fatigués, ma technique et mon coup de rein peuvent faire la différence», explique le Wallon, «optimiste» avant d'affronter les Américain. «C'est une équipe qui sait bien jouer au football. Clint Dempsey est la star. C'est lui qui doit faire la différence, analyse-t-il. Mais c'est jouable. On a les qualités pour passer mais il faudra le démontrer sur le terrain».

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