Actualisé 26.06.2008 à 18:16

La belle-fille du peintre Vasarely arrêtée pour vol

Une histoire de trahison et de vol rocambolesque, sur fond de dispute familiale, a conduit à l'arrestation aux Etats-Unis de la belle-fille du peintre Viktor Vasarely.

Mais Michèle Taburno-Vasarely, 61 ans, a l'intention de faire valoir vendredi devant un tribunal de la capitale de l'Illinois (nord) que ces oeuvres lui appartiennent, même si la justice française a passé des mois à se pencher sur cette question sans pouvoir parvenir à une conclusion.La famille Vasarely est au coeur d'une bataille judiciaire qui dure depuis de nombreuses années.Toute l'affaire a commencé lorsque le peintre d'origine hongroise Victor Vasarely (1906-1997) a décidé en 1971 de donner l'essentiel de ses oeuvres à une fondation portant son nom et située à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).Mais les deux fils du peintre ont commencé à se quereller sur la gestion de la Fondation Vasarely après le décès de leur mère en 1990.Certaines oeuvres ont fait l'objet de détournements par Charles Debbasch, ancien doyen de la faculté de droit d'Aix et président de la Fondation de 1981 à 1993. Condamné en mai 2005 à deux ans de prison dont un ferme pour avoir détourné ces oeuvres, Charles Debbasch réside habituellement au Togo.La famille a obtenu le droit en 1995 de récupérer l'essentiel des oeuvres de la Fondation. Dans le processus, la plupart des 1.300 oeuvres originales dont l'artiste avait doté la Fondation, en plus de 18.000 sérigraphies, ont disparu, alors que la cote du maître de l'Op art a beaucoup monté ces dernières années.La Fondation conteste aujourd'hui l'arbitrage successoral en 1995 entre les deux fils du peintre qui a conduit à la dispersion des oeuvres et l'a, selon elle, dépouillée. Elle a assigné en justice trois membres de la famille, dont Michèle Taburno-Vasarely, leur réclamant soit la restitution des oeuvres soit leur remboursement ainsi que le paiement de 5 millions d'euros de dommages-intérêts.Il n'est pas certain pour autant que les toiles disparues se trouvent à Chicago.Selon un avocat du galeriste américain au coeur de l'affaire, Mme Taburno-Vasarely, avait entreposé des "milliers" de toiles à la provenance douteuse avec son client, Thomas Monahan.Elle a été arrêtée vendredi dernier alors qu'elle déplaçait ces toiles de l'entrepôt de M. Monahan à un autre situé dans le même immeuble, a indiqué l'avocat, David Melnick, qui a évalué la valeur des oeuvres à 575.000 dollars.M. Melnick a affirmé que son client avait commencé à s'interroger sur la provenance des toiles à l'automne dernier quand il a entendu parler de l'enquête en France."J'ai enquêté et interrompu toutes les transactions jusqu'à établir qui en avait la propriété", a déclaré l'avocat à l'AFP par téléphone.Mais Mme Taburno-Vasarely, qui a représenté les intérêts des fils du peintre et présidé la fondation en 1995-1997, assure pour sa part que les toiles sont à elles et clame son innocence."L'histoire n'est pas du tout celle que vous connaissez", a-t-elle affirmé à l'AFP par téléphone. "Il m'a tout volé. Je n'ai plus rien, donc j'ai eu une mauvaise réaction", a-t-elle ajouté."J'ai cru que j'étais à Guantanamo!" s'est-elle exclamée en évoquant sa détention qui a pris fin dimanche.Selon son avocat, Neil Cohen, la belle-fille de M. Vasarely voulait simplement protéger ses biens d'un marchand d'art douteux qui essayait de vendre des oeuvres sans sa permission."M. Monahan a tenté d'escroquer d'autres personnes d'autres façons", a-t-il affirmé."Pourquoi a-t-elle tenté de récupérer ses toiles? Parce qu'elles sont à elle", a-t-il martelé. (afp)

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