France : La bière se fait mousser dans le Bordelais

Actualisé

France La bière se fait mousser dans le Bordelais

De plus en plus de brasseurs proposent toutefois leur boisson maison en plein coeur du vignoble bordelais et dessinent une véritable route de la bière en Gironde.

Point de départ de cette route imaginaire, Mauriac, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Bordeaux, dans la région de l'Entre-deux-mers. Au milieu du vignoble, non loin de l'église fortifiée, Karin Forrer a posé ses valises au lieu-dit Les Blanchets.

L'ancienne pharmacienne de la région stéphanoise a racheté une ancienne ferme pour se lancer dans la bière. Elle a passé un diplôme à La Rochelle avant d'ouvrir sa brasserie joliment baptisée «Entre- deux-bières».

Elle y fabrique elle-même quatre bières différentes, la blonde, la blanche, la rousse et la «Tchanquée», une brune dont la particularité est d'être à base de jus d'huîtres. «Je vends dans les épiceries fines, les caves, les restaurants», dit-elle, heureuse d'avoir réussi son intégration. «Les viticulteurs m'ont très bien accueillie.»

Un pub dans les vignes

En quittant Mauriac, il faut se rendre dans les environs de Créon, à une trentaine de kilomètres à l'ouest, pour arriver jusqu'à la brasserie Saint-Léon, un pub à l'irlandaise créé par Nicolas Hébert. Cet ancien agriculteur, devenu vigneron dans le village qui donne son nom à son établissement, y possède encore 12 hectares de vignes.

«J'ai débuté en 2004 en faisant les marchés», dit le patron de la brasserie Saint-Léon. «Puis on a ouvert ce lieu il y a un an et demi, un lieu où on produit et qui se veut convivial.»

Il fabrique désormais 400 à 450 hectolitres de bières, blonde et rousse toute l'année, blanche et brune selon la saison, ainsi que 150 hectolitres de limonade. Il cultive lui-même son orge sur ses terres de Saint-Léon.

Après Créon, cap à l'ouest en direction de Saint-Caprais-de- Bordeaux à une dizaine de kilomètres, où Laurent Lefebvre, originaire de Belgique, vient d'implanter sa brasserie. On peut déguster sa bière sur place, dans un ancien chai à vin.

Du hobby au métier

«A 20 ans, je brassais dans la cuisine de ma mère», raconte cet ancien attaché commercial trentenaire. Au départ, «c'était un hobby», avant qu'il ait envie de lancer ma propre entreprise avec ma femme, originaire de Gironde.

Il a baptisé sa bière Alienor. Elle est déjà distribuée dans une vingtaine de supermarchés et dans des bars-restaurants. Il prévoit d'atteindre les 200 hectolitres en 2013.

Plus au sud, près de la Garonne, la bière bio Mascaret est produite par Fabrice Rivière au domaine de Pascaud, ancienne propriété à Rions près de Cadillac.

«Je me destinais à la viticulture», reconnaît l'enfant de la région, qui produit désormais 500 hectolitres de bières blanches, brunes, blondes et ambrées. «Mais je suis amoureux de la bière depuis que l'on a vécu un an en Irlande du Nord.»

En quittant Rions, on franchit le fleuve à hauteur de Langoiran, avnt de remonter vers Pessac. Vincent Soulas y produit 300 hectolitres annuels de bière Gasconha, destinés aux caves et épiceries.

L'ancien cadre financier d'une maison de Cognac, dans laquelle on produisait un peu de bière, s'est associé avec Nathaniel Rogier, ancien responsable technique dans une exploitation viticole, pour développer la marque.

Bière de terroir

«Ce qui me plaît c'est la fabrication locale, la bière de terroir, le produit artisanal», précise Vincent Soulas. Il vient néanmoins de lancer l'Alouette, une bière à destination des grandes surfaces de l'agglomération.

Ce parcours s'achève dans un lieu emblématique des sorties bordelaises, Frog and Rosbif, un pub à l'anglaise créé il y a 12 ans, dans une ancienne prison pour femmes du XVIe siècle, où est aujourd'hui servie une bière brassée sur place.

Au fond de la salle, se trouvent les cuves où sont stockées d'autres bières, importés directement d'Angleterre. On y trouve notamment l'âpre brune Darkitaine et la Maison Blanche, agrémentée de zeste d'orange confite et de coriandre.

(ats)

Ton opinion