Actualisé 01.12.2011 à 11:12

Affaire DSK

La biographie de DSK qualifiée de «délire total»

Les avocats de Nafissatou Diallo ont traité mercredi de «délire total» les affirmations du biographe de Dominique Strauss-Kahn.

Le biographe de DSK, Michel Taubmann, a été fortement critiqué par les avocats de la plaignante, Nafissatou Diallo. Taubmann alimente la thèse du complot et fait de la femme de chambre du Sofitel une séductrice, dans un livre à paraître jeudi.

Kenneth Thompson et Douglas Widgor ne prennent pas de gants pour critiquer les affirmations de Michel Taubmann concernant leur cliente, dans ce livre intitulé «Affaires DSK, la contre-enquête».

Considérant qu'il est le porte-voix de l'ancien directeur général du FMI, les avocats ont publié un bref communiqué où ils déclarent que «l'affirmation absurde de Strauss-Kahn, selon laquelle on aurait dit à Mme Diallo de voler son BlackBerry, de le regarder de façon suggestive et d'accepter ses actes sexuels violents et abusifs, relève du délire total».

«Nous attendons avec impatience de pouvoir lui poser des questions sur les actes malades et dérangés qu'il a commis contre Mme Diallo, lors du procès» civil en cours de préparation à New York, ont-ils ajouté.

Dans son ouvrage, Michel Taubmann cherche à étayer la thèse d'une relation sexuelle consentie, voire provoquée par Nafissatou Diallo le 14 mai dernier dans la suite du Sofitel de New York occupée par DSK.

Il estime qu'elle pourrait en outre être l'auteure du vol du téléphone portable disparu de l'ex-patron du FMI. Un vol supposé, qui n'a cependant fait l'objet d'aucune plainte.

Sept portables à choix

M. Taubmann accuse la femme de chambre guinéenne d'avoir lancé à DSK, sorti nu de la salle de bains, «un regard suggestif». DSK y aurait vu «une proposition». Qu'ont-ils fait alors? Taubmann n'en dit rien, précisant simplement que la relation de six à sept minutes a été consentie et «non payée».

Et il enfonce un clou dans la théorie du complot, affirmant que la présence de la femme de chambre venue faire le ménage était «anormale», d'où l'idée qu'elle était peut-être là pour voler un des sept portables de DSK. Elle aurait opportunément choisi celui du FMI.

Diallo «dévastée»

Depuis plusieurs jours, les avocats de la femme de chambre analphabète, qui n'avait jamais rencontré DSK, dénoncent cette théorie du complot, qui a resurgi le week-end dernier dans un article du bimensuel américain «New York Review of Books». Son auteur, Edward Jay Epstein, 76 ans, a reconnu que M. Taubmann, très proche de DSK, était l'une de ses sources.

Quelques heures avant la parution du livre de M. Taubmann, l'avocat de Nafissatou Diallo a confié que la jeune femme était «dévastée» par ces développements dont elle se tient au courant.

«Elle ne va pas bien. Elle va probablement devoir bientôt être opérée de l'épaule qui avait été blessée lors de l'agression sexuelle», a-t-il ajouté. Mais a-t-il ironisé, «j'imagine que si vous demandez à M. Epstein, il vous dira que les médecins font partie du complot».

Terrée dans l'Etat de New York

Dans ses conclusions le procureur de Manhattan avait écrit en juillet qu'il n'était pas possible de conclure formellement que cette blessure était liée à la rencontre entre la femme de chambre et l'ancien patron du FMI. Mme Diallo ne retravaille toujours pas, a aussi précisé son avocat.

La jeune femme n'a plus été vue depuis l'été, quand elle avait donné deux interviews et fait une conférence de presse. Elle se terre quelque part dans l'Etat de New York.

«C'est une femme aux origines très humbles, qui était venue aux Etats-Unis pour vivre le rêve américain. Elle était très heureuse d'être femme de chambre, elle aimait son travail et les gens avec lesquels elle travaillait. Elle travaillait dur, demandez au Sofitel», a ajouté Douglas Wigdor.

«Tout cela lui a été enlevé, à cause de ce qui s'est produit» le 14 mai, a-t-il ajouté.

(ats)

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