Actualisé 31.10.2013 à 11:42

SuisseLa BNS a perdu 6,4 milliards après 9 mois

La Banque nationale suisse (BNS) subit le contrecoup de la chute du cours de l'or. Sur neuf mois, elle a inscrit une perte consolidée de 6,4 milliards de francs.

La BNS a subi de plein fouet l'impact de la dépréciation de l'or sur les neuf premiers mois de 2013.

L'institut d'émission a ainsi accusé une moins-value de 10,7 milliards de francs sur son stock de métal jaune, ce qui a provoqué au final une perte consolidée de 6,4 milliards.

La situation s'améliore toutefois au troisième trimestre et le résultat de l'or est à nouveau dans le positif: il s'est monté à près de 2,5 milliards de francs. Il est toutefois moins élevé que l'an dernier à la même période où il avait atteint 4,9 milliards, a indiqué jeudi la banque centrale dans un communiqué.

Si le stock d'or de la BNS est resté inchangé durant les premiers neuf mois, le prix du kilogramme de métal jaune a chuté, passant de 48'815 francs à fin 2012 à 38'563 francs à fin septembre 2013. Le phénomène prouve au passage la volatilité de la performance de la BNS, dont dépendent les versements à la Confédération et aux cantons.

L'an passé à fin septembre, le scénario était ainsi complètement différent: les plus-values en métal jaune de la Banque nationale suisse (BNS) avaient atteint 6,2 milliards de francs.

Plus-value avec les monnaies

Après trois trimestres, les positions en monnaies étrangères ont en revanche apporté un bénéfice de 4 milliards de francs. L'an dernier à la même période, elles s'élevaient toutefois encore à 10,3 milliards.

Dans le détail, le produit des intérêts s'est monté à 5,1 milliards de francs et le produit des dividendes à 1,3 milliard.

Les cours des actions et des obligations ont évolué différemment: ainsi les titres porteurs d'intérêt et les instruments sur taux d'intérêt ont généré une perte de 6,8 milliards de francs. En revanche, les titres de participation et les instruments de participation ont bénéficié du contexte boursier favorable, contribuant au résultat à hauteur de 9,3 milliards.

Les pertes de change ont atteint 5 milliards de francs durant la période. «Les gains de change réalisés sur l'euro n'ont pas suffi à compenser les pertes sur les autres monnaies de placement, en particulier celles enregistrées sur le yen», précise la BNS. Depuis le début de l'année, le yen a ainsi reculé de 12,5%.

Enfin, les positions en francs ont généré une perte de 75 millions de francs. Ce résultat se compose pour l'essentiel de pertes de cours (-125 millions) et du produit des intérêts ( 60 millions).

Pas de prévision pour 2013

La BNS n'établit pas de prévisions pour l'ensemble de l'exercice 2013. Son résultat dépend essentiellement de l'évolution des marchés de l'or, des changes et des capitaux, soumis à de fortes fluctuations. Quant au montant de la part du bénéfice attribué aux provisions pour maintenir les réserves au niveau requis par la politique monétaire, il n'est fixé qu'en fin d'exercice.

Pour mémoire, la BNS affichait une perte de 7,3 milliards au terme du premier semestre 2013, alors qu'elle avait dégagé un bénéfice de 6,9 milliards de francs sur l'ensemble de 2012. En septembre de l'an dernier, il s'élevait même à 17,2 milliards.

Par ailleurs, la BNS a ajouté qu'elle s'attend à ce que le numéro un bancaire helvétique UBS exerce son option d'achat sur le fonds de stabilisation avant la fin de l'année. Cet instrument, qui avait été créé en 2008 dans le cadre du sauvetage d'UBS pour y placer ses actifs toxiques, a dégagé un bénéfice de 981 millions de dollars sur les neuf mois, contribuant au résultat consolidé à hauteur de 492 millions de francs.

Le 15 août dernier, le fonds de stabilisation a remboursé intégralement le prêt octroyé par la BNS. Pour racheter le fonds, UBS devra verser à la banque centrale un milliard de dollars (0,89 milliard de francs) plus la moitié de la fortune nette du fonds (c'est-à-dire des fonds propres) excédant ce milliard, et conserverait la moitié restante qui constitue la part lui revenant dans les fonds propres.

Pour les trois premiers trimestres de l'exercice, 425 millions reviendraient ainsi à UBS. (ats)

La baisse du prix de l'or ne change pas la position de la BNS

La baisse du prix de l'or ne change pas la position de la Banque nationale suisse (BNS) par rapport à l'initiative sur l'or. De son côté, le conseiller national Lukas Reimann (UDC/SG), maintient que le métal jaune reste une valeur sûre sur le long terme et que l'initiative qu'il a lancée avec d'autres membres de son parti garde toute sa nécessité.

Réagissant au dépôt de l'initiative «Sauvez l'or de la Suisse», la BNS avait déclaré en avril par la voix de son président Thomas Jordan que les mesures qu'elle proposait n'étaient pas appropriées et étaient même contre-productives. Le texte demande à la BNS de stopper ses ventes d'or, de ramener en Suisse tout l'or stocké à l'étranger et de constituer des réserves d'or pour au moins 20% de ses actifs.

La baisse du prix de l'or, qui a péjoré le résultat sur neuf mois de la banque centrale, ne change pas la position de la BNS sur ce sujet, a déclaré jeudi à l'ats Walter Meier, porte-parole de l'institut d'émission. «Les fluctuations de l'or peuvent aller rapidement dans les deux directions, aussi bien à la baisse qu'à la hausse». La BNS détient 1040 tonnes de métal jaune

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