Actualisé 17.03.2016 à 15:56

SuisseLa BNS garde le cap pour rebuter les investisseurs

La Banque nationale suisse maintient les taux directeurs inchangés et les taux d'intérêt négatifs.

Photo d'illustration.

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photo: Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) a abaissé sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) entre 1% et 1,5% en 2016, au lieu d'environ 1,5% auparavant. Les banquiers centraux helvétiques maintiennent comme attendu le cap de leur politique monétaire expansionniste.

Sur fond de détérioration des perspectives pour la croissance et pour l'inflation helvétiques, les experts sont prudents.

Jeudi dernier, la BCE a, parmi d'autres mesures, abaissé à -0,3% son taux de dépôt au jour le jour, dans ses efforts pour stimuler l'activité économique et relancer la faible inflation en zone euro. Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a quant à elle maintenu inchangés ses taux directeurs, et tempéré ses intentions.

«La BCE a décidé de baisser le taux d'intérêt, mais moins qu'anticipé par le marché », explique Angelo Ranaldo, professeur de finance et risque systémique à l'Université de Saint-Gall. En outre, en signalant qu'elle n'a pas l'intention d'utiliser cet instrument, au moins pour le moment, elle a levé la pression sur le franc.

En s'abstenant de baisser agressivement les taux d'intérêt, Mario Draghi a aussi fait comprendre qu'il n'a pas l'intention de contribuer à une «guerre globale des devises», selon Angelo Ranaldo. Une guerre dont les principales victimes seraient le franc, et le yen.

Echéance repoussée

«Un taux encore plus négatif aurait attiré davantage de critiques de la part des investisseurs institutionnels», estiment les analystes d'IG Bank. Mais selon eux, l'institut d'émission se trouve pris au piège entre affaiblir sa monnaie, montrer sa force aux marchés et ne pas trop endommager les institutions.

Note prudente aussi chez Michel Girardin, chargé de cours en macro-finance à l'Université de Genève. De l'aveu de la BNS, le franc reste surévalué. «Historiquement, les tentatives de détourner les investisseurs de la valeur refuge helvétique n'ont pas fonctionné», relève-t-il.

Et de noter aussi que les banquiers centraux suisses ne cessent de repousser l'échéance à laquelle l'inflation devrait revenir en territoire positif. D'ailleurs, la BNS évite d'évoquer explicitement dans sa communication les risques de déflation. (nxp/ats)

La Bourse suisse recule

La perspective de taux restant extrêmement bas, suite à la décision de la BNS, n'a guère enthousiasmé les investisseurs jeudi. La Bourse suisse chutait de 1,13% vers 14h30 à 7826,62 points, de concert avec d'autres Bourses européennes.

La BNS laisse inchangés ses taux directeurs Ces décisions étaient largement anticipées par les marchés. L'affaiblissement du dollar, provoqué par la prudence affichée mercredi par la Fed dans la normalisation de sa politique monétaire, a beaucoup plus découragé les investisseurs dans leurs envies d'achats.

La Fed a laissé ses taux d'intérêt inchangés, comme attendu. Elle a toutefois laissé entendre que la croissance économique modérée et le dynamisme du marché du travail aux Etats-Unis pourraient lui permettre de reprendre le resserrement de sa politique monétaire dans le courant de l'année.

(NewsXpress)

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