Actualisé 28.04.2017 à 13:31

EconomieLa BNS maintient sa posture expansioniste

Dans un contexte de faible inflation, le président de la BNS a annoncé un maintien de sa politique monétaire expansionniste.

(Image d'illustration)

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Keystone

Face à des défis jugés «considérables», la BNS ne souhaite ni modifier son cadre institutionnel, ni revoir la répartition de son bénéfice. Réunis vendredi en assemblée générale à Berne, les actionnaires ont suivi très majoritairement le Conseil de banque, malgré de nombreuses interpellations.

«La BNS mène une politique monétaire qui sert les intérêts du pays. Elle n'a pas pour objectif de réaliser des bénéfices», a rappelé Jean Studer, président du Conseil de banque de la Banque nationale suisse (BNS). La proposition de 25 actionnaires, essentiellement romands, voulant revoir la répartition du bénéfice a été écartée par 87% des 457 actionnaires représentés, dont 379 présents. Celle-ci visait à ce que le dividende ne soit plus versé en fonction de la valeur nominale de l'action (250 francs), mais sur la valeur du marché (1750 francs au cours actuel).

Une partie des mêmes actionnaires s'en sont pris au rapport financier. Selon eux, la répartition du bénéfice prétérite les cantons, qui détiennent 55% du capital-actions de 25 millions de francs. Cela n'a pas empêché les actionnaires d'approuver le rapport financier avec 97% de voix favorables.

Une des plus transparentes

Face aux critiques, Jean Studer a rappelé que le cadre institutionnel de la BNS «a fait ses preuves et qu'il ne serait pas judicieux de le changer». Selon lui, l'institut compte parmi les banques centrales les plus transparentes en comparaison internationale. Pour l'ancien conseiller d'Etat neuchâtelois, le relèvement du solde de la réserve pour distributions futures de 10 à 20 milliards de francs pour permettre une distribution supplémentaire a été nécessaire, «en raison de l'accroissement considérable du bilan» de l'établissement.

De son côté, le président de la direction générale, Thomas Jordan, a expliqué que dans un contexte de faible inflation, de sous-utilisation des capacités de production et de franc surévalué, l'institut d'émission devait poursuivre sa politique expansionniste. Et ceci, même si la BNS prévoit pour l'année en cours une croissance du PIB d'environ 1,5%.

Fluctuations à la hausse

Thomas Jordan a rappelé que la BNS a déjà acheté en 2016 des devises pour un montant de 67 milliards de francs. Avec les ajustements de valeur et les revenus d'intérêts et de dividendes, les réserves de devises de la banque nationale se sont étoffées de 86 milliards de francs.

Thomas Jordan avertit que «l'accroissement du bilan entraîne nécessairement de plus fortes fluctuations du résultat annuel». En valeur absolue, aussi bien le potentiel de bénéfice que le potentiel de perte augmentent. Il est par conséquent «primordial de garantir à la BNS une solide dotation en fonds propres», grâce à la politique en matière de provisions et la convention concernant la distribution du bénéfice. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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